En ce printemps
2009, on parle beaucoup de redécoupage régional. Le
rapport Balladur envisage moins de régions mais des macro
régions groupées autour de très grandes villes. Ce
sont plus des aires urbaines économiques que des provinces. Or
les découpages des régions n’ont de sens que
s’ils permettent les coopérations entre régions
plus que des rivalités économiques. Ils doivent en outre
correspondre à des identités.
Dans ce contexte, une question préalable se
pose : faut-il supprimer les départements ? Certes,
les départements comportent une part inévitable
d’arbitraire et de choix contestable dans leurs limites mais ils
sont devenus quelque chose comme un point de repère, et ils
représentent un attachement, dont témoignent le souci
partagé par les élus et les populations de conserver les
plaques minéralogiques des voitures. En d’autres termes
les départements si artificiels en apparence en 1790 sont
devenus des éléments d’identité. Il est vrai
que le découpage avait finalement été fait en
tenant largement compte des provinces existantes. C’est pourquoi
il convient sans doute de vider progressivement les départements
de leur compétences générales pour les concentrer
sur l’action sociale et la solidarité – ce qui
n’est pas rien – au profit des régions qui ont
vocation à avoir des compétences de plus en plus larges,
mais sans supprimer les départements qui représentent des
échelles de proximité. Nul besoin sauf exceptions de
redécouper les départements. Toutefois les
département de la Meurthe et de la Moselle devrait être
rétablies sur la base des limites départementale de 1870
avant l’annexion d’une partie de la Lorraine par le IIe
Reich.
Quant au découpage régional il est
loin d’être mal fait. En outre les régions sont des
collectivités territoriales de plein exercice depuis plus de
deux décennies, ce qui n’est pas négligeable. Si on
observe avec attention l’histoire des provinces françaises
il apparait qu’aucun découpage antérieur
n’est incontestable et ne pourrait être repris sans
polémique. Il est difficile aussi d’avoir à la fois
des régions très grandes, comme le Languedoc de 1789, et
d’autres régions qui seraient très petites, comme
la Saintonge ou l’Aunis.
Le découpage régional est donc dans
l’ensemble judicieux, souvent plus, d’ailleurs, que celui
qu’avait adopté Vichy avec la création des
préfectures régionales, découpage biaisé
par la ligne de démarcation certes, mais peut-être aussi
plus technocratique que le découpage actuel. Il est aussi
à noter que les régions françaises ne sont pas
toutes plus petites que les régions allemandes, contrairement
à ce que l’on entend fréquemment, bien au contraire
et que, au demeurant, l’histoire de chaque pays est
différente et que aucun ne saurait constituer un modèle,
ce qui serait revenir à la très grande erreur de
Napoléon 1er, quitte à l’inverser en prenant
l’Allemagne pour modèle.
Pour autant, quelques modifications seraient
certainement souhaitables. Ainsi la Loire Atlantique devrait être
rattachée à la Bretagne. La Vendée pourrait
être rattachée à la Région Poitou-Charentes
(qui pourrait bien sûr changer de nom pour prendre cela en
compte). La région Pays de Loire pourrait s’adjoindre
l’Indre et Loire c'est-à-dire la Touraine (devenant
Maine-Anjou-Touraine). La région Centre, réduite en
étendue mais plus homogène, deviendrait
Orléanais-Berry.
La Franche-Comté perdrait le Territoire de
Belfort qui serait rattaché à l’Alsace dont il a
toujours fait partie historiquement. La Région Bourgogne
deviendrait Bourgogne-Nivernais sans changements de limites.
L’Ardèche serait rattachée, comme elle
l’était historiquement à la région
Languedoc-Roussillon. Il serait créé une
région Savoie (deux départements). La région
Rhône-Alpes, réduite géographiquement,
deviendrait Lyonnais-Dauphiné. Le Limousin serait agrandi de la
Dordogne (devenant région Limousin-Périgord).
L’Aquitaine serait donc réduite d’un
département. Les deux Normandie seraient
réunifiées. La région dite PACA ne changerait pas
de limite (Provence-Niçois). Ce serait la France des Nouvelles
Provinces, à la fois porteuses d’identité, matrices
d’identité et viables en terme de développement
relocalisé.