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Présidentielles de 2012 en France :
Une bataille de blondes ?

Wladimir Letescous, Philippe David, Christian Bouchet

 
   Des deux blondes qui montent au front des élections présidentielles de 2012, laquelle est la plus susceptible d'incarner l'intérêt général français et européen, laquelle sera, au contraire, plus soumise aux intérêts particuliers étrangers à notre continent ?
   Voici l'opinion (encore réservée) que Wladimir Letescous a confié au site Toutsaufsarkozy.com, et celle de Philippe David.
   Christian Bouchet porte un regard plus nuancé sur l'évolution attribuée à Marine Le Pen dans le jeu électoral qui se profile. Fait-elle vraiment acte d'allégeance à la ploutocratie internationale ou se montre-t-elle simplement prudente afin de ne pas compromettre ses (faibles) chances ? Nous avons jugé bon de reproduire ci-dessous son entretien avec le site espagnol Tribuna de Europa pour que chacun puisse se faire une idée sur la base de plusieurs opinions croisées.
   Nous, comme d'habitude à L'Esprit Européen, étant convaincus que les dés sont pipés et que les jeux sont faits d'avance, nous optons pour l'abstention. Et nous sommes généralement le plus grand parti de France.
   Ajoutons que nous n'avons pas oublié le mépris jacobin affiché de l'héritière Le Pen pour la langue bretonne et les identités régionales (témoignage ici), ni son hostilité systématique à l'égard de toute sorte de fédéralisme européen, deux défauts dont semble exempte sa rivale viking...

Une histoire de blondes. Entre la franco-norvégienne et la franco bretonne....

    Le texte de "politique fiction" ci-après est intéressant en ce sens qu'il est, à notre avis, et au jour d'aujourdhui, plausible. Le Front National s'est vu imposer de l'extérieur (c'est-à-dire par les media dominants), une candidate qui satisfait aux exigences du "système". Depuis au moins trois ans, la "femme en cheveux" franco-bretonne a été adoubée par ces media parce-que répondant aux critères de sélection et aux objectifs des milieux de l'extrême-droite sioniste qui prétendent dicter à la France une politique de guerre civile à l'intérieur et mondialiste (Usraélienne) à l'extérieur. Il est parfaitement clair que cette "femme en cheveux" est bien la candidate préférée et soutenue par le CRIF pour ce qui concerne le rassemblement de l'électorat d'extrême-droite en 2012 au bénéfice de Sarkozy. Le candidat naturel, et légitime du Front National, Bruno Gollnisch est aujourd'hui largement écarté par ces "grands media" qui font l'opinion des veaux. Nous verrons en janvier 2011 comment se comporteront et quel sera le vote des 7 à 10 000 adhérents actuels du FN. Le vieux Le Pen pourrait avoir une désagréable surprise, et les sponsors israéliens de la femme en cheveux aussi...


    D'un autre côté, il y a une autre blonde, Eva Joly, dont Le Pen et sa fifille ne sous-estiment pas la menace, bien au contraire puisqu'ils viennent, assez curieusement, et de la manière naturellement la plus abjecte, de mettre en cause la légitimité de sa candidature en 2012. On sait encore, il est vrai, peu de choses quant aux positions politiques réelles d'Eva Joly. Lutte déterminée contre la corruption, justice sociale, fort bien, mais rien encore quant à la politique extérieure de la France: l'OTAN, l'Afghanistan, les relations avec les pays arabes, avec les Etats-Unis et Israël...Il faut encore attendre pour prendre position. Mais lorsque Eva Joly déclare, au grand dam de Martine Aubry: "Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je l'ai mis en examen", elle ne peut, dans l'immédiat, que bénéficier d'un préjugé favorable, puisqu'elle est la seule à parler ainsi du clone de Sarkozy.

Wladimir Letescous (pour TSS)


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Philippe David :
    “ J’étais dimanche 29 août au salon du livre de Monclar de Quercy pour y dédicacer mon dernier ouvrage sorti en 2009, Journal intime d’une année de rupture, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et les deux dernières années de politique française. Étant le seul sur le stand de mon éditeur à dédicacer un livre politique à cette occasion, je dois vous dire que les réactions des visiteurs avec qui j’ai discuté n’étaient "pas piquées des hannetons".


    L’affaire des "petits arrangements entre amis" entre Chirac, Sarkozy et Delanöe à laquelle était consacré mon dernier article sur "Agoravox" a scandalisé les français qui parlent de "méthodes de clans mafieux" ou encore de "méthodes de voyous" .


    L’affaire "Woerth-Bettencourt" crée le même type de réactions avec la compréhension par les français qu’il y a bien deux France : La "France des puissants", dans la quelle tout est permis, où vous êtes décoré de la Légion d’honneur pour avoir fraudé le fisc et la "France d’en-bas", pour citer le grand théoricien politique qu’est Jean-Pierre Raffarin, à qui on ne pardonnera pas 5 minutes de dépassement de la durée de stationnement ou 8 km/h d’excès de vitesse sur une autoroute déserte.


    Enfin, pour ne parler que des trois sujets les plus évoqués, la montée de l’insécurité inquiète de plus en plus les français, y compris dans les zones rurales, qui découvrent le niveau de violence quotidien qui existe dans les grandes villes françaises avec son cortège de tirs à balles réelles et de guet-apens tendus aux forces de l’ordre et les conditions de vie insupportables pour les habitants de ces quartiers devenus des zones de non droit.


    Bref, il va être très difficile pour Nicolas Sarkozy de remonter une pente abrupte et savonneuse au bas de laquelle il est tombé du fait des reniements à répétition de ses 15 promesses de candidat qui ont lassé les français.


    Cependant, le Parti Socialiste ne représente une alternative crédible pour aucune des personnes rencontrées, les gens lui reprochant de n’être qu’un ramassis d’égos aux ambitions démesurées qui iront une fois de plus à l’affrontement entre eux, je n’ose écrire fratricide, dès que les premières candidatures vont se déclarer.


    De plus, les fraudes massives aux élections internes lors du congrès de Reims ont laissé des traces dans les esprits qui pensent que ce ne sont pas des gens qui fraudent de manière éhontée le suffrage universel qui peuvent donner des leçons d’éthique et de démocratie à qui que ce soit, cet état de fait étant aggravé par l’attitude de Bertrand Delanöe, avec le soutien du Parti Socialiste, dans l’affaire opposant la Mairie de Paris à Jacques Chirac.


    Bref, pour les français, l’UMPS n’est pas la solution à leurs problèmes mais la cause de leurs problèmes et pour la majorité des gens avec qui j’ai pu discuter l’abstention sera certainement leur vote en 2012, écœurés qu’ils sont de la rupture qu’ils attendaient et dont ils savent maintenant qu’elle est définitivement passée aux oubliettes.


    Cependant, outre l’abstention qui risque d’exploser, deux noms me viennent à l’esprit après avoir analysé les propos entendus pour affirmer qu’ils risquent de faire très mal en 2012 : Éva Joly et Marine Le Pen.


    Car ces deux candidates potentielles, que presque tout oppose, auront beau jeu en 2012.


    Éva Joly pourra faire campagne sur les scandales à répétition de la politique française, UMP et PS réunis, elle qui fût juge d’instruction de l’affaire ELF et qui ne pût jamais aller au bout de ses investigations du fait du secret défense maintenu dans l’affaire des frégates de Taïwan.


    Marine Le Pen pourra faire campagne sur l’échec patent en matière d’insécurité de Nicolas Sarkozy et sur le fait que la situation de la France, plutôt que de s’améliorer, aura empiré entre 2007 et 2012.


    Les deux partageront, la nouveauté, la féminité et, quelque part, la rupture avec le système sclérosé de l’UMPS.


    Si vous ajoutez à cela les candidatures multiples dans l’orbite du PS (on n’imagine pas Ségolène Royal ne pas être candidate) et les blessures que laisseront de nouvelles élections internes truquées, la rose risque d’être fanée dès l’automne 2011. Sans oublier les candidatures de témoignage qui cumulent les quelques milliers de voix qui vous empêchent d’atteindre le second tour ( Taubira, Chevènement en 2002) et qui s’appelleront peut-être Tapie et Mélenchon en 2012.


    Même chose à droite où la candidature Sarkozy ne fait plus de doute mais qui devra compter avec une candidature Villepin (si celui-ci franchit indemne le procès en appel de l’affaire Clearstream) ainsi que plusieurs candidatures de témoignage (Morin, Boutin entre autres).


    Si vous cumulez le raz le bol des français, la multiplicité des candidatures et une forte abstention, vous avez tous les ingrédients qui ont fait le 21 avril 2002.


    Auquel cas la présidentielle de 2012 se résumerait à une histoire de blondes...”

    ...Ou bien à la réitération du coup de 2002, Le Pen (Marine) versus Strauss-Kahn, celui-ci passant avec 85% des suffrages exprimés (un score à la Bokassa), en dépit des 63% d’abstentions...

Philippe David


 


Entretien avec Christian Bouchet

Tribuna de Europa
Samedi, 4 Septembre 2010

    Christian Bouchet, on est face actuellement à une série de soubressauts liés à la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du Front national. Comment jugez vous la situation du parti actuellement ? Croyez vous qu'il existe un risque de scission ?

    Pour résumer les choses au maximum, je dirais que l’on assiste actuellement, au sein du Front national et dans cette période d’avant congrès, à la mise en concurrence de deux conceptions de la politique. Autour de Marine Le Pen, se rassemblent ceux qui regardent vers l’avenir et qui pensent que le Front national peut devenir un grand parti national populaire, alors que ceux qui regardent vers le passé et qui n’ont comme rêve que d’unifier les droites extrêmes se reconnaissent dans Bruno Gollnisch…

    Marine Le Pen est unanimement donnée gagnante et future présidente du FN. À mon sens, il convient cependant de rester prudent, car rien n’est encore totalement joué et il ne faut pas sous estimer les manœuvres de dernière minute, les adhésions massives tardives, etc. Le système a tout intérêt à ce que ce soit Bruno Gollnisch qui emporte cette élection interne, car il sait que sa capacité de nuisance en terme électoral est nulle ou presque, donc on peut craindre qu’il lui apporte son aide d’une manière ou d’une autre.

    Quant au risque d’une scission après le congrès de janvier 2010, je n’y crois guère. Le risque que Bruno Gollnisch quitte le Front national est nul, par contre quelques départs à la marge en direction de groupuscules folkloriques, confessionnels ou réactionnaires, sont prévisibles chez ses partisans les plus jeunes.

    Ces dernières années, dans la même période où il a reculé électoralement, le FN a connu des scissions qui ont donné naissance à la Nouvelle Droite Populaire et au Parti de la France… Est-ce que leur existence est préjudiciable au FN et pensez-vous que la possibilité d'une réunification soit envisageable ?

    Les dissidences qu’a connu le Front national depuis quelques années sont dues moins à ses déboires électoraux qu’à des manœuvres de la droite du système pour le diviser et l’affaiblir en prévision des élections européennes et régionales.

    Pour arriver à cela, certains réseaux d’influence ont su jouer sur les jalousie, sur les ambitions, sur les croyances religieuses…

    Cela s’est fait plus ou moins discrètement mais n’a pas échappé aux journalistes des grands médias qui ont fait ressortir eux même comment certains groupuscules – dont le meilleur exemple est le Bloc identitaire avec ses pseudopodes Ligue du Sud et Ligue du Midi – n’avaient comme unique fonction en présentant des listes aux dernières régionales que de prendre quelques pourcents au FN et ainsi de lui faire perdre des sièges. D’ou l’apparition du néologisme « extrême droite sarkocompatible » pour désigner ceux qui se sont prêtés à cette manœuvre.

    Alors, sachant cela, il ne faut pas rêver, la possibilité que les cadres de ces groupes dissidents puissent réintégrer le FN est à court ou moyen terme est nulle.

Quelles sont les perspectives du FN actuellement ?

    Actuellement, selon les sondages les plus récents, si une élection présidentielle devait se tenir dimanche prochain, Marine Le Pen arriverait en troisième position, après Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste.

    Certains analystes estiment qu’en 2012, il n’est pas impossible que, si le camp de la droite libérale se divise plus que de raison, l’on soit face à un cas de figure où l’on verrait Marine Le Pen figurer au second tour comme challenger du candidat socialiste.

    Comme en France les législatives suivent immédiatement les présidentielles, si Marine Le Pen est au second tour, on peut tabler sur un repositionnement électoral total du FN. Même si elle n’est qu’en troisième position, l’avenir électoral du FN devrait nettement s’améliorer.

    Cela dit, les élections auront lieu dans presque deux ans et beaucoup de choses peuvent changer d’ici là, pour le meilleur comme pour le pire, et je crois qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité qu’à le système libéral à se défendre.

    Il existe des sensibilités qui se déclarent nationalistes tout en soutenant, de manière plus ou moins ouverte, une alliance avec les USA et l'État d'Israël. A vos yeux, est-ce une nouvelle tendance ou est-ce une gigantesque manipulation ?

    Il y a incontestablement, au niveau européen, chez certains courants sionistes de droite, étroitement liés à des réseaux transatlantiques libéraux et néo-conservateurs, une volonté de créer en Europe une droite populiste acceptable, en ce sens qu’elle ne contesterait pas le libéralisme, qu’elle accepterait le schéma du choc des civilisations et qu’elle considérerait l’entité sioniste comme une base avancée de la civilisation occidentale.

    On voit cela se mettre en place dans la plupart des pays, que ce soit avec le Vlaams Belang en Belgique, l’English Defense League en Grande Bretagne, le Bloc identitaire en France, Pro-Deutschland en Allemagne, Gert Wilders en Hollande, etc.

    Est-ce une manipulation comme vous le supposez ? Il y a sans doute un peu de cela, beaucoup de naïveté politique chez certains aussi et une bonne dose de vénalité chez les cadres qui chapeautent tout cela.

    En matière d'immigration, l'Espagne ressemble chaque jour un peu plus à la France. Pensez-vous que notre pays risque de connaître comme le vôtre des émeutes et de la criminalité du fait de jeunes issus de l'immigration ?

    Quelques soient les pays touchés, l’immigration de masse crée des problèmes récurrents. Donc soyez sans crainte, vous connaîtrez des situations identiques ou similaires à celles que nous connaissons en France.

    Le seul conseil politique que je peux vous donner sur ce point est de ne pas vous tromper d’ennemi et de bien désigner celui-ci à votre peuple. L’ennemi, ce n’est pas l’étranger, ce n’est pas celui qui est issu d’une autre race ou d’une autre religion, mais c’est celui qui fait venir les immigrés, qui organise pour son plus grand profit ces migrations. En France c’est le grand patronat qui grâce à la population immigrée a maintenu un taux de chômage important et brisé la combativité des syndicats, donc a pu maintenir les salaires bas et ses profits élevés. Tout me laisse à penser qu’il doit en être de même en Espagne…

    Après cela vous pouvez tirer le fil, montrer comment on est face à une nouvelle traite négrière et comment les partis de gauche et les groupuscules d’extrême gauche, par leurs actions en faveur de l’immigration, se font les alliés objectifs du capitalisme libéral le plus sordide.

    Et la crise… Est-il possible que dans les années à venir le système économique occidental explose ?

    Ce n’est pas totalement exclu et des situations à l’argentine ou à la grecque puissent toucher demain d’autres pays occidentaux.

    Si les États sont touchés les uns après les autres de manière pas trop rapprochée, cela sera sans doute gérable par le système mondial. C’est uniquement si une crise grave touche plusieurs pays majeurs en même temps que la situation peut devenir explosive car il ne sera alors plus possible de se contenter de colmater les fuites et de mettre des rustines.

    Sans vouloir prôner une politique du pire, si cela advenait, il se pourrait bien que ce soit assez favorable aux divers mouvement nationaux d’Europe, à condition qu’ils sachent faire le choix du peuple et non pas celui de la défense des nantis comme l’a fait récemment le Laos en Grèce.

    Croyez-vous que le centre des décisions du monde se déplace vers l'Orient ? La Chine et l'Inde sont-elles les superpuissances de demain ?

    Je crois que ceci s’est déjà en grand partie réalisé. Nous ne le percevons pas encore clairement mais le rôle mondial de la Chine, du Brésil, de l’Inde, voire de puissances plus secondaires comme la Turquie ou l’Iran, ne sont plus du tout les mêmes qu’il y a dix ans.

    Nous avons connu un monde bipolaire, puis un monde unipolaire, il va nous falloir nous habituer à vivre dans un monde multipolaire…

    Cela ne serait pas un mal si l’Europe avait une consistance géopolitique ou si certaines de nos vieilles nations d’Europe jouaient encore leur rôle international. Mais ce n’est nullement le cas. Alors comme les choses sont parties nous risquons bien après avoir été des dominants d’être demain des dominés.

    Vous avez toujours prôné un nationalisme-révolutionnaire européen. Est-ce que la nation européenne est pour vous une idée qui s'éloigne ou qui se rapproche ?

    Il me semble que l’Europe qui s’organise à Bruxelles nous éloigne chaque jour un peu plus de l’Europe à laquelle nous avons rêvé. J’ai espéré, durant une période, que le diable porterait pierre et qu’une Europe puissance pourrait naître de l’Union européenne.

    En fait, il n’en a rien été et à la place de l’Europe puissance on a un grand marché commun souple avec les multinationales, dur avec les peuples et de plus géopolitiquement impuissant par trop d’expansion et par trop de divisions.

    Quand nous avions une petite Europe, quand nous n’étions que neuf, voire douze, on pouvait avoir de l’espoir dans l’Union Européenne, dans le fait qu’elle deviennent une alternative. La « grande » Europe que nous connaissons maintenant, qui regroupe actuellement vingt-sept États et qui n’a pas fini de croître, est de moins en moins gouvernable et de plus en plus ouverte aux influences américaines. Ce n’est plus une construction géopolitique c’est simplement une construction économique.

    Dans le même temps qu’elle croît en taille, cette Europe se divise sur des bases qui ne sont plus nationales mais régionales voire ethniques. Bien sur, défendre les identités locales est un engagement louable avec lequel nous sommes tous d’accord. Mais il y a aussi un risque d’hétérotélie, de dérives perverses, qui, au final, aboutit à favoriser la landerisation de l’Europe et son affaiblissement. Et, c’est, malheureusement, dans cette optique qu’agissent les divers groupes identitaires actifs au niveau européen.

    Leur l’Europe aux cent drapeaux c’est une Europe aux cent Kossovo…

    C’est une Europe où toute solidarité disparaît, où l’on arrive à des prises de position odieuses et grotesque comme celle de ce dirigeant identitaire breton qui déclarait récemment qu’en Bretagne, il ne voyait pas de différence entre un immigré français et un immigré africain !

    C’est aussi une Europe encore plus divisée qu’elle ne l’est actuellement, donc dont les composantes les plus faibles sont encore plus manipulables, et en définitive c’est une Europe totalement impuissante. Une Europe que l’on pourrait comparer à l’Allemagne d’après le traité de Westphalie, divisée en 350 États, qui pendant plus de 200 ans regarda l’Histoire être écrite par d’autres.

    Quand je vois que ceux qui prônent ce démembrement de notre pays et de l’Europe osent dans le même temps, au mépris de toute réalité géopolitique, faire campagne sur le thème de l’Europe puissance, je ne peux que m’interroger sur leur intelligence ou leur sincérité.

    Est-il encore possible de mobiliser les Français ou les Espagnols pour défendre leur identité ? Ou est-ce que l'américanisation des individus est telle que cette idée ne soulève plus d'écho ?

    La France est sans doute un des pays d’Europe où l’antiaméricanisme a été le plus constant et le plus partagé par une partie importante du monde politique de droite comme de gauche. C’est beaucoup moins vrai maintenant. Mais alors que l’antiaméricanisme du Parti communiste et des gaullistes a quasiment disparu il reste cependant fort chez ceux qui se reconnaissent dans le Front national et dans certaines de ses marges radicales.

    Cela fait que l’Américanisation de la France, bien que réelle, n’est ni totale ni très profonde. Donc des sursauts identitaires et patriotes sont envisageables.

    Les populations immigrées qui séjournent en France et qui, dès la deuxième génération, sont quasiment dépourvues de toutes racines identitaires sont incontestablement plus facilement américanisables que les Français de souche, et au final plus américanisées. D’ailleurs, le Département d’État l’a très bien compris et l’ambassade yankee à Paris mène de nombreuses actions de propagandes en direction des « élites » issues de l’immigration.

    Le péril auquel nous sommes confrontés, en France, est donc particulier : c’est l’américanisation par l’immigration.

    Vous avez assisté à toutes les Journées de la dissidence qui se sont déroulées à Madrid depuis 2006. Qu'en avez-vous pensé ?

    La variété, la richesse et la qualité de ces journées m’a toujours surpris et réjoui.

    En France, depuis que le GRECE a cessé d’organiser ses colloques, auxquels vos Journées de la dissidence ressemblent beaucoup, nous n’avons rien de similaire. Aucune organisation française de la mouvance nationaliste au sens large n’est capable comme vous de développer un front culturel en parallèle à un front politique.

    Avez-vous quelque chose à ajouter ?

    Je me contenterai seulement de proposer trois citations à la méditation de vos lecteurs… Charles Maurras : « En politique le désespoir est bêtise absolue », Johann Wolfgang Goethe : « Au commencement était l’action », Guillaume d’Orange : « Où il y a une volonté, il y a un chemin ».


    Présentation par le site :

    Christian Bouchet est un journaliste et éditeur français.

  Cadre dirigeant du mouvement nationaliste révolutionnaire européen des années 1980 au début des années 2000, Christian Bouchet a progressivement renoncé à l’activisme de terrain pour consacrer son temps au journalisme militant tant sur internet que dans des médias traditionnels.
    Il milite à la base dans une fédération de l’ouest de la France du Front national.







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