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La décision vient d'être prise : le jury, pourtant divisé sur la question de l'aspect de la nouvelle cathédrale orthodoxe à Paris, a voté, par une courte majorité pour le projet qui, tout en respectant l'architecture traditionnelle d'un tel bâtiment en toile de fond, a tout de même décidé de l'enrober d'un voile de verre quadrillé d'une épaisse structure métallique afin de respecter les vœux des autorités françaises qui souhaitaient, pour ne pas heurter les partisans de notre sacro-sainte laïcité, que l'aspect religieux de l'édifice se fît aussi modeste que possible. "Cachez-moi cette religion que je ne saurais voir", s'exclament les tartuffes... Résultat : dans quelques années, nous aurons Quai Branly, un bâtiment bâtard, un assemblage disgrâcieux de tradition et de modernité qui, comme le montre l'image ci-dessous, n'est pas du meilleur aloi... Il est vrai qu'on essaye de nous faire avaler depuis longtemps le mauvais goût des modernes avec les curiosités "le-corbusiennes", l'usine à gaz de la plae Beaubourg, le trou des Halles, la verroterie pyramidale de la cour du Louvres et l'arche "achélémisée" de la Défense... Mais pour de nombreux réfractaires, ces provocations modernistes ne sont que des affronts à l'esthétique, à la religion, à tout ce qu'il y a de profond en l'homme naturellement épris de beauté et de spiritualité. Cyril Semenoff-Tian-Chansky, qui a déjà critiqué l'avant-projet dans nos colonnes voici quelques semaines (ICI), revient à la charge ici pour un dernier baroud d'honneur contre le nihilisme de la modernité totalitaire. |
Malheureusement,
une fâcheuse pomme de discorde est apparue dans le projet lui-même, qui
a pris la forme d’un immense voile en verre couvrant l’église. Le
projet initial, suite à des protestations autorisées de la diaspora
russe en France, avait été infléchi, puisqu’il prévoyait non seulement
la couverture voilée en verre, mais l’encerclement intégral de l’église
par une enveloppe, elle aussi en verre. Seule la couverture de verre a
donc été retenue par le jury. Ça et là, on peut entendre que l’idée est
belle, car ce voile symbolise le Voile de la Vierge : l’Église
russe, ainsi tirée de sa torpeur ritualiste, trouverait finalement un
merveilleux compromis avec notre époque contemporaine. Or, une brève
analyse symbolique, à la lumière de l’étude de l’Histoire de l’Art du
monde orthodoxe, et de l’observation des formes, nous montre qu’il n’y
a rien de tel dans cet étrange voile en verre.Agora ENJEUX & DÉBATS Sommaire