« Toute jeune à Domrémy, Jehanne gardait ses moutons et, de leur
toison, filait sur sa quenouille le destin du royaume. Elle soignait
les malades et avait la réputation de calmer les fièvres. Peut-être
utilisait-elle pour cela l’eau pure de la source des Trois Fontaines,
jaillissant sous le Hêtre des fées, appelé aussi « l’Arbre aux Dames ».
C’est là que Jehanne a « entendement » de voix « angéliques »
franchissant la frontière magique. Écoutons ses « aveux » : « J’ai ouïe
dire une femme, épouse du maire Aubery de mon pays, laquelle était ma
marraine, qu’elle avait vu les Dames fées »…
Au cœur de sa fantastique épopée, lorsque Jehanne fut arrêtée, l’évêque Cauchon et
autres porcs l’emmenèrent dans la salle de tortures et, pour tenter de
l’intimider, lui montrèrent les instruments « caressants ». mais sans
se démonter, elle leur dit : « les paroles que vous obtiendriez de moi
par ses moyens n’auraient aucune valeur ». Elle avait fort bien compris
le processus des « aveux suggérés ». la racaille, prise de court,
n’insista pas dans cette voie. Pour les tortures, Jehanne eut une
chance rare, qui ne lui épargna point la cage en fer et les flammes.