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Le souvenir de
Robert Brasillach
Une
pensée pour le poète assassiné Robert Brasillach
en ce début d'été paraît bien
déplacée. C'est un peu la pensée d'un hiver qui se
prolonge : celui du nihilisme qui nous est échu, sans horizon
commun autre que celui de l'Homo festivus
avec les pauvres contorsions de la fête de la musique, la
tristesse de Paris-plage et des routes surchauffées des grands
départs... C'est évoquer l'hiver du temps des assassins
qui ont aboli la peine de mort mais n'hésitent pas à
avouer qu'ils auraient aussi fusillé Brasillach , tel Pascal Ory
et quelques autres épurateurs attardés.
Penser à Brasillach en ce centième
anniversaire de sa naissance, c'est évoquer le temps qui ne
passe pas, figé par la haine des grâces jamais
accordées, des occasions d'amnistie toujours manquées, de
nos guerres civiles sans cesse recommencées, attisées par
l'imprescriptibilité de l'envie, de la jalousie et de la bêtise...
Nous étions une trentaine d'admirateurs
à honorer celui qui fut "un roi de la bohème
littéraire, un prince
de la jeunesse sensuelle, un prophète du ré-enracinement
et du désengagement essentiel (l'anti-Sartre), sans que cela
l'empêche d'être, et de demeurer contre vents et
marées, un Européen convaincu, emporté
par un destin tragique qu'il accepta avec courage et amour, avec l'Amor Fati
propre aux âmes nobles ", tel que le présenta Jacques
Marlaud, conférencier invité ce soir-là par les
Amis de Robert Brasillach dans une accueillante brasserie parisienne.
Face à la mort, le testament du poète
de Fresnes est une offrande que ses amis -- et il en compte
beaucoup, et plus encore sans doute chez tous ceux qui ne l'ont pas
encore rencontré -- ne peuvent refuser :

" Et vous, garçons de mon pays,
Voici les mots que nous disions,
Nos feux de camp parmi la nuit,
Et nos tentes dans les buissons.
Vous le savez mieux que personne,
J'ai voulu garder ma patrie
Du sang versé, et je vous donne
Ce sang gardé, ô mes amis. "
(extrait des Poèmes de Fresnes)
Ceux qui l'ont fait fusiller ne se doutaient pas qu'ils allaient ainsi grandir et embellir sa figure...
C'est pourquoi d'autres tentent encore de l'avilir, de l'amoindrir, de
la défigurer.
( Goya : Tres de Mayo )
Tyrtée
le poète de Sparte, par lui cité dans son Anthologie de
la poésie grecque, leur répond :
"Mais les jeunes garçons sont toujours beaux à voir
Tant que brille la fleur des jeunes jours riants :
Des femmes le désir, des hommes les égards,
Alors qu'ils sont en vie les suivent du regard,
Et ils sont beaux aussi, tombés au premier rang."
P.K.

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