À propos de l'invasion occidentale en Libye
| Dans
le Règlement de comptes à OK Morale qui oppose en ce moment, et depuis
bientôt deux semaines, les deux fier-à-bras Sarkhofi et Kadazy, le
bédouin, malgré ses
rodomontades,
ne pouvait gagner face à celui que dans les coulisses diplomatiques on
surnomme le "Naboléon parisien". Son artillerie était trop petite face
au super-matos de
son adversaire qui s'est, en outre, appuyé sur la gigantesque force de
frappe usaméricaine. Sa réputation de clown tyrannique et cruel,
aggravée par l'épisode des infirmières bulgares, lui a aliéné les
opinions publiques occidentales, les seules encore capables de faire la
pluie (de bombes) et le beau temps sur la géopolitique internationale.
Ses
terminaux pétroliers, si proches des rivages européens, ajoutés au
potentiel économique et touristique de cette bande côtière stratégique
peu peuplée en marge d'un vaste désert qui débouche sur l'Afrique centrale, suscitent depuis longtemps
toutes les convoitises… De prime abord, "Naboléon" s'est dit que la
place
était facile à prendre pour celui qui met le paquet. Le prétexte est
tout trouvé : Kadhafi "tire dans la foule de manifestants pacifiques",
même si ceux-ci, armés de pick-up et de mitrailleuses sont
parvenus à
lui dérober quelques chars et quelques avions, à prendre quelques
villes… |
budgétaires et psychologiques de la crise
économique actuelle, causerait un retournement de l'opinion publique,
tant en Europe que dans les pays arabes, en proie à des soubresauts
politiques et fort divisés, c'est le moins qu'on puisse dire, quant au
soutien de l'aventurisme militaire occidental.
Aujourd'hui, l'Irak est une nation pulvérisée où les victimes des
suites directes et indirectes des embargos et des guerres, larvées et
ouvertes, induites, encouragées ou livrées par l'Occident
américanocentré depuis trente ans se comptent par millions. Un pays
brisé, démembré, éclaté en nationalismes rivaux, sources de tensions
insurmontables, déserté par ses élites, gangrené par la corruption,
toujours la proie d'attentats endémiques, occupé par les chiens de
guerre yankees dont l'imposante ambassade-forteresse à Bagdad est une base de
contrôle de plus dans la région.
À
ces dévastations directement attribuables aux interventions militaires
de Washington et de ses alliés, il faut ajouter les destructions
massives imputables à Israël, dont les deux dernières séries de
massacres au Liban en 2006 et à Gaza en 2008-2009, se sont soldées par
plusieurs milliers de victimes civiles (mortes ou gravement
blessées) et des dommages structurels que les économies frappées
mettront de longues années à réparer.
récemment donné une vision romantico-apocalyptique *(3),
que par leurs effets à moyen et long terme, inévitable
conséquence des haines accumulées par les peuples ainsi bafoués,
écrasés, dominés, ces invasions font infiniment plus de mal que le
prétendu remède.
bulles
spéculatives d'un capitalisme devenu fou, par l'accumulation de
catastrophes écologiques dont le récent séisme nucléaire au Japon n'est que le dernier exemple…
aurait bien pu se passer.
casernes
comme boucliers humains, que de celui de l'organisation militaire,
encore bien supérieure en efficacité aux groupes d'insurgés qui lui
font face. Ceux-ci tentent, avec l'appui occidental de conquérir les
bandes côtières de ce vaste désert, où se concentrent l'essentiel de la
population dans les quelques grandes villes, ainsi que les terminaux
pétroliers, les ports, le potentiel touristique et industriel… tout ce
qui importe à l'Occident, prêt à mettre le paquet pour repousser le
bédouin provocateur dans les sables.
géopolitique naguère dominé par les
Français, les Italiens et les Anglais (à Malte), on peut penser qu'elle
n'en partira pas de si tôt. Mais ce recul honteux de l'Europe au cœur
même du Mare nostrum
ne
passera pas inaperçu, et le jeu, ouvert par les récents soulèvements en
Égypte, en Tunisie, et bientôt peut-être au Maroc et en Algérie,
pourrait remettre en cause cette tendance à l'américanisation du
Maghreb ou, du moins, donner aux Européens (post-sarkoziens et
post-cameroniens) la conscience qui leur fait défaut des intérêts communs à
défendre sur leur flanc sud, et la perception que ces intérêts pourraient fort bien
se combiner avec ceux des Arabes face à l'axe Washington-Tel Aviv. À
relativement court terme, les graves dissensions apparues au sein même de
l'Organisation atlantique à propos de son ingérence en Libye, ne
peuvent que remettre en cause son statut de dispositif commun de
défense d'intérêt général européen. La nécessité de repenser autrement
l'Europe de la défense, vers laquelle nous poussent aussi les autorités
russes, devient désormais plus urgente que jamais.