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Études Géopolitique
Sommaire

À propos de l'invasion occidentale en Libye
Le nouvel ordre mondial
tente de s'imposer
1) De Yalta à Benghazi via Berlin
Zouhir MEBARKI
2) Le chef d’Africom débarque à Alger
Brahim TAKHEROUBT
De Yalta à Benghazi via Berlin
La
crise en Libye évolue de manière symptomatique du nouvel ordre mondial
qui se met en place. Sans remonter à l´Antiquité, il est bon de
rappeler que la Libye, alors occupée par l´Italie, a été déjà
«découpée» en trois parties en 1943. Deux parties (Cyrénaïque et
Tripolitaine) pour la Grande-Bretagne et le Fezzan pour la France.
C´est l´ONU qui «réunifia» la Libye en 1949 en se déclarant favorable à
l´indépendance du pays incluant les trois parties.
|
Donc ce n´est pas un hasard si l´on retrouve sur le terrain des combats
l´Angleterre et la France bien plus engagées que les forces de l´Otan.
L´entrée en action, depuis lundi dernier, des hélicoptères de ces deux
pays qui, de toute évidence, jugent «molles» les frappes de l´Alliance
atlantique, renforce l´idée d´un réveil des vieux démons. Il ne faut
pas oublier que c´est la France, suivie de l´Angleterre, qui ont donné
le coup d´envoi des bombardements sur la Libye avant que l´Otan ne
reprenne le commandement des frappes. Les revoilà donc, se détachant de
l´organisation, sur le théâtre des opérations de leur ancienne colonie.
Le rôle du Royaume de Sa Majesté britannique ressemble, à s´y
méprendre, au «marquage de joueurs» en usage dans les compétitions
sportives. Histoire de ne pas laisser la France «s´échapper».
L´acharnement
de la France est plus difficile à déceler. Une France dont on ne sait
plus qui, de l´Elysée ou du philosophe Bernard Henri Lévy, prend les
décisions. Une chose est sûre, le nouvel ordre mondial abat ses cartes,
l´une après l´autre et en fonction de l´évolution de la situation.
Après que BHL ait réussi à faire recevoir à l´Elysée les représentants
du CNT de Benghazi, après que la France ait reconnu officiellement ce
que les médias français continuent pourtant d´appeler «la rébellion» et
après que l´Italie lui ait emboîté le pas, voilà que l´Union Européenne
ouvre un bureau de «représentation» à Benghazi. Washington et Moscou
suivent et reconnaissent «la légitimité» du CNT. C´est un vaste
mouvement de «reconnaissance» d´un État qui n´en est pas un. Voilà
l´aspect fondamental du nouvel ordre mondial qui apparaît de plus en
plus. Au diable! la démocratie, les droits de l´homme, le suffrage
universel, ce nouvel ordre ne s´embarrasse pas des vieilles règles,
définissant les États,
qui ont prévalu jusque-là. L´ONU, dont c´était le rôle de reconnaître
les nouveaux Etats, fait profil bas. Elle aura juste servi à donner le
«bon à tirer» avec sa résolution 1973. Le plus inquiétant dans ce
nouvel ordre mondial est sa proximité avec la multinationale du crime
Al Qaîda. Le N°2 de l´organisation, Ayman al-Zawahiri, devenu N°1
depuis la disparition de Ben Laden, a, lui aussi, «reconnu» Benghazi et
profite de la situation qui y prévaut pour armer son équipe qui sévit
au Sahel. Après le dépeçage de la Libye, si le coup réussit, la
tentation d´appliquer le même scénario dans d´autres pays de la région
transparaît dans les actions de ce nouvel ordre mondial. L´autre aspect
aussi fondamental qui apparaît dans la structure de ce nouvel ordre est
l´exclusion des Etats-Unis d´Amérique. Quoique même là-bas, il y a deux
visions de l´Amérique. Celle de Barack Obama, le démocrate et celle de John McCaïn, le républicain qui est allé à Benghazi apporter
son soutien à la rébellion. L´objectif de ce nouvel ordre mondial est
de maintenir la planète en état de guerre permanent. Pour dessiner une
nouvelle carte géopolitique qui viendrait remplacer celle qui a eu pour
point de départ la chute du mur de Berlin qui, elle-même, avait
remplacé celle de Yalta. C´est la carte de troisième génération en
langage Ntic.
Sauf que tout n´est pas joué.
Le chef d’Africom débarque à Alger
Brahim TAKHEROUBT
2 juin 2011
Les
États-Unis veulent se replacer de manière durable militairement en
Afrique. L’outil le plus indiqué pour cette entreprise US est le fameux
Africom (Commandement militaire américain pour l'Afrique)
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Les Américains présentent l’Africom comme étant la
plus grande association caritative au monde, au service exclusif du
continent africain.
Le commandant du Commandement militaire américain
pour l’Afrique (Africom), le général de corps d’armée Carter F. Ham,
est arrivé hier à Alger pour une visite officielle de deux jours, selon
un communiqué des services de l’ambassade des États-Unis à Alger.
Une pareille visite, d’un haut responsable militaire
américain, la deuxième du genre en moins de deux ans, n’est évidemment
pas anodine, sachant que le contexte régional est extrêmement tendu
avec la crise en Libye qui glisse - sans freins ni digue - vers une
terrible guerre tribale.
Le communiqué de l’ambassade ajoute que durant son
séjour, «le général de corps d’armée Ham s’entretiendra avec le
Président Bouteflika, le ministre des Affaires étrangères Mourad
Medelci, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères
chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel,
ainsi que le ministre délégué auprès du ministre de la Défense
nationale, Abdelmalek Guenaïzia».
De pareils rendez-vous avec les plus hauts responsables de l’État algérien qu’aura le général
américain renseignent que cette visite est loin d’être un simple
déplacement pour «le renforcement de la coopération militaire
bilatérale ainsi que sur les questions d’intérêt commun aux niveaux
régional et continental. La visite s’inscrit dans le cadre des
consultations régulières entre les Etats-Unis et l’Algérie», comme le
rapporte laconiquement le document de l’ambassade américaine précisant
que le général de corps d’armée Ham «a sollicité les conseils et
recommandations des autorités algériennes sur différents sujets afin
d’améliorer l’assistance américaine aux pays africains».
Au moins deux hypothèses se dégagent de cette visite à croire les observateurs de la scène sécuritaire.
La première est que le général américain est venu
solliciter l’approbation de l’Algérie pour le transfert du siège de
l’Africom en Afrique, plus précisément au Burkina Faso ou alors
carrément au sud de la Libye, «ce que l’Algérie n’acceptera jamais».
Tous les responsables algériens ont eu à exprimer -
par le passé - cette position de la manière la plus claire.
De même que les pays africains, quasiment tous, ont exprimé cette réticence.
La deuxième lecture faite à cette visite du général
consiste à dire qu’il y a une véritable pression sur l’Algérie pour la
convaincre d’accepter une action militaire sur la Libye à partir du
territoire algérien.
Selon notre confrère arabophone Al Khabar,
«l’Algérie a refusé de permettre à des appareils de la coalition ayant
décollé des bases aériennes américaines en Espagne et en Angleterre,
d’utiliser son espace aérien, pour bombarder les forces pro-El
Gueddafi».
Le même journal révèle également que «des pays qui
conduisent les frappes militaires contre la Libye ont demandé ces
derniers jours à l’Algérie, à travers des voies diplomatiques et
militaires officielles, d’autoriser l’utilisation de l’espace aérien
algérien, pour parvenir à la région des opérations militaires en Libye».
Jusque-là, les appareils de la coalition n’arrivent pas à
atteindre la profondeur du Sahara libyen. Les coalisés supposent même
qu’El Gueddafi se réfugie dans ces vastes territoires que l’on ne peut
atteindre qu’à travers les territoires algériens. Cela d’une part, de
l’autre, ils vont détruire les réserves d’armements libyens.
Depuis le début de cette crise, la pression sur l’Algérie va crescendo pour la faire fléchir.
Les positions algériennes sonnent alors comme une
fausse note sur le grand clavier des puissances occidentales qui se
partagent le Monde arabe, auto-remodelé.
À vous cette partie et à nous telle autre partie.
La France mène une offensive économique pour renflouer ses caisses durement touchées par la crise.
Les États-Unis
veulent se replacer de manière durable militairement en Afrique.
L’outil le plus indiqué pour cette entreprise US est le fameux Africom
dont le commandant est justement à Alger.
Officiellement,
les unités d’Africom font de l’assistance humanitaire en Afrique, mais
la logique militaire veut qu’un soldat doit sentir l’odeur de la
poudre. Voilà donc une fable américaine selon laquelle les GI’s ont
troqué leurs fusils d’assaut contre des boîtes à pharmacie pour
extirper le trachome et juguler la progression du sida en Afrique.
Les militaires US ne font plus la guerre, ils se sont dupliqués en milliers de mères Thérésa?
En d’autres termes, Africom se veut comme la plus
grande association caritative au monde, au service exclusif du
continent africain.

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