| S'il est
nécessaire et vital d’éviter tout poncif lorsqu’on se livre à
l’introduction d’une thématique, il peut sembler parfois utile d’en
placer un pour cadrer directement le sujet de ladite étude. On affirme
souvent, et l’auteur est bien de cet avis, que nous sommes entrés dans
une société de la surveillance permanente, omnipotente et liberticide.
Voilà pour le poncif. Un numéro de la revue Éléments 1 traitait
brillamment de ce sujet. L’auteur souhaite ajouter quelques remarques,
tardives afin d’étoffer et de compléter quelque peu cette thématique
orwellienne du Big Brother. Évoluant dans le domaine de la
Défense/Sécurité, il a été amené à travailler sur ce sujet. La suite de cette analyse sera consacrée à la naissance de cette « Surveillance permanente européenne» et aux applications concrètes qui pourraient en découler sous peu. |

Aujourd’hui
les citoyens européens croient être sortis de
l’Histoire ou veulent y croire et se pensent donc à
l’abri. Si c’est un souhait parfaitement
compréhensible, il ne faut pas non plus négliger ou nier
la réalité. Cette dernière démontre que
l’Europe est toujours ancrée dans le monde réel et
qu’elle est la cible d’attaques diverses et variées
émanant de groupes terroristes et mafieux 9.
Si la sécurité, dans son aspect « projection
militaire » réussit globalement à faire
l’objet d’une démarche véritablement
européenne qui s’étoffe peu à peu, la partie
« civile intra européenne » reste
l’objet de visions différentes, voire d’âpres
discussions entre États et CE.
Ce
n’est donc pas uniquement une question de sécurité
qui va arranger la situation et rassembler ces peuples surtout si
celle-ci est orientée vers la protection du Marché (la
« business continuity ») et la protection des
élites économiques. Ce qui peut fédérer cet
ensemble humain c’est l’identité des valeurs
acceptées dans leur infime variation ; c’est accepter
que nos valeurs ne soient pas partagées par tous et partout. C’est
redonner à la culture, à la civilisation une place
primordiale à laquelle l’économie devrait
être subordonnée. On aurait ainsi une
politique qui remet au centre de l’attention les Hommes et non
plus le Marché et qui développera une véritable
approche de la Liberté en lieu et place de cet ersatz moderne.