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La Biélorussie : une troisième voie géopolitique entre la Russie et l'Occident ?


   On entend assez peu parler de la Biélorussie dans l'actualité géopolitique, généralement, sauf parfois, pour nous entendre dire par le mainstream médiatique occidental,  que c'est un État "réactionnaire", qui n'a pas fait son aggiornamento, entendez : qui ne s'est pas laissé mettre au pas du rouleau compresseur libéral-capitaliste et mondialisateur dont l'U.E. et les USA  sont les principaux vecteurs. Mais contrairement à la Serbie, dont la la taille et l'ambition régionale sont comparables, elle n'a pas été écrasée militairement par l'OTAN, et à la différence d'autres pays d'Europe centrale, comme la Pologne ou la Hongrie, elle ne s'est pas alignée volontairement à la machine de guerre occidentale, pas plus qu'à son adversaire continental, la Russie, comme l'Ukraine...
   Son président Loukachenko a acquis la réputation d'un autocrate néo-stalinien, tout simplement parce qu'il a su résister à toutes les pressions, et pas les moindres, celles des Russes.
   Du côté russe, justement, on entend dire que Minsk est un allié, mais un allié difficile, récalcitrant, sur lequel on n'hésite pas à exercer une redoutable pression, notamment en lui fermant temporairement le robinet des approvisionnements de gaz lorsqu'il refuse de se plier aux injonctions de Moscou.
   En fait la Biélorussie, aussi appelée Belarus, est un petit pays (207 600 km2, 9 660 000 habitants, le 71e/231 PNB mondial) resté relativement indépendant entre les Blocs qui ont cherché à le dominer depuis le grand chambardement déclenché par la chute de l'Union soviétique dans les années 1990. Elle est le seul pays non aligné d'Europe, et pour défendre cette position, elle s'est vue obligée d'établir des ponts avec les autres non-alignés courageux du monde, à commencer par le Vénézuela, l'Iran et la Lybie.
   On ose espérer que le modèle belarus inspirera d'autres États qui ont trop tendance à confondre indépendance et alignement automatique sur les "Grands", comme les pays baltes, la Roumanie et plusieurs pays des Balkans.
   En fait, c'est toute l'Europe qui devrait s'unir dans le non-alignement dont l'Autricehe à l'Ouest et la Biélorussie à l'Est nous donnent de courageux exemples.

Le rapprochement entre Minsk et Caracas
Source : L'Atlas Alternatif

    Alexandre Loukachenko l'a déclaré à Minsk le 12 novembre (source agence Belta) : le Venezuela a "sauvé" la Biélorussie en lui fournissant du pétrole alors que la Russie décidait de lui faire payer son gaz au prix fort. Le commerce pétrolier entre les deux pays est intense via les ports de l'Ukraine et de la Baltique. Une compagnie mixte Petrolera BeloVenezolana a commencé à exploiter le champ pétrolier de Guara Este en 2007 et a reçu le feu vert pour trois autres gisements en 2008. En 2009 Minsk a aussi ouvert une exploitation à Jofeir (Iran).
 
    En échange du pétrole, la Biélorussie s'est engagée a construire des milliers de logements pour les pauvres au Venezuela. De même les constructeurs de tracteurs dans ce pays Belaz et MAZ ouvriront une joint-venture dans la province venezuelienne de Barinas. Un projet similaire concerne la fabrication de chaussures biélorusses au Venezuela, avec transfert de technologies à la clé, tandis que Minsk importera du café venezuelien.
 
    La Biélorussie semble maintenir une voie diplomatique indépendante, malgré son rapprochement récent avec l'Union européenne (par l'entremise de Silvio Berlusconi). En décembre dernier, Minsk a signé un protocole de coopération militaire avec la Libye dont le contenu n'est pas connu. Un émissaire de Loukachenko s'est encore rendu à Tripoli le mois dernier. La Biélorussie fait d'ailleurs partie du Mouvement des non-alignés. Elle en est  l'unique membre en Europe.
 
    Chavez lors de sa visite en Biélorussie en octobre avait souligné que ce pays avait bien résisté à la crise financière. En Biélorussie, le chômage reste inexistant, et le niveau d'éducation et de santé a été maintenu, avait souligné Chavez. Cette situation pourrait faire réfléchir par exemple la Lituanie, membre de l'Union européenne, où un sixième de la population en serait réduite à vivre d'aides alimentaires versées par des ONG, notamment Caritas.
 
    Hugo Chavez s'était aussi rendu en Ukraine le mois dernier, et avait souligné le rôle que ce pays devait jouer dans l'avènement d'un monde multipolaire - l'Ukraine produira prochainement du pétrole et du gaz au Venezuela. Auparavant, il avait obtenu de Moscou la signature du président Medvedev pour la construction de la première centrale nucléaire dans son pays.

 
FD
Par Atlasalternatif     - Publié dans :     Europe de l'Est - Russie - Communauté :     La Cyber-résistance




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