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Études Géopolitique
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Les
sionistes chrétiens : un appui inconditionnel pour Israël, y compris la
politique de répression et de colonisation des forces d'occupation de
la Palestine
Serge Dumont
Source :
"Les chrétiens évangéliques, ces amis d’Israël" in Le Temps
Des milliers de «chrétiens sionistes» sont venus à
Jérusalem témoigner leur soutien à l’Etat hébreu et aux colons. Un
lobby important pour le gouvernement israélien «Shalom peuple élu, que
la paix soit sur toi.»
Éperdus d’admiration pour Israël, Hildegarde et
Stanislas W., un couple de chrétiens évangéliques venus d’Allemagne,
ont passé la journée de mercredi à arpenter les rues de Jérusalem pour
y rencontrer leurs «frères juifs». Ils n’étaient pas les seuls puisque
5000 autres «chrétiens sionistes» venus de cent pays différents et
représentant environ 600 millions de personnes sont réunis
actuellement dans la cité sainte.
Objectif? Célébrer le 30e anniversaire de
l’Ambassade chrétienne internationale de Jérusalem (ICEJ), le siège de
leur mouvement auquel Israël a d’ailleurs accordé le statut de la
légation diplomatique, mais également confirmer le soutien de
l’organisation à la politique de l’État hébreu ainsi qu’aux colons de
Cisjordanie.
«Israël représente une goutte de lumière dans un
océan d’obscurantisme violent», assène Roberto Pilos, un évangéliste
philippin qui prétend également pratiquer une médecine naturelle
ancestrale. «Je ne comprends pas que l’on puisse nier le lien
historique et même charnel qui unit le peuple juif à la terre promise,
poursuit-il. Ce lien est tellement évident qu’il ne prête pas à
discussion même si les Palestiniens affirment avoir été spoliés. Nous
aidons Israël de toutes nos forces et nous disposons de contacts
partout dans le monde. Nous agissons loin des médias et de sa langue de
bois. Nous, c’est aux gens de la rue que nous nous adressons.»
Une aide que les dirigeants de l’État hébreu ne
négligent pas, puisque depuis le début des années 1980 tous les chefs
de gouvernement israéliens ont fait acte de présence aux congrès de
l’ICEJ. «Quels merveilleux amis vous faites. Dommage que tout le monde
ne soit pas aussi fidèle», s’est ainsi exclamé Benyamin Netanyahou
l’année dernière.
Malgré sa puissance, l’ICEJ n’est pourtant qu’un
maillon parmi de nombreux autres dans la constellation d’organisations
évangéliques constituant le lobby «chrétien sioniste». Aux États-Unis,
la force de frappe de ces derniers est d’ailleurs plus importante que
celle de l’Aipac – le lobby
pro-israélien uniquement composé d’organisations juives – puisque les
premiers disposent de plusieurs chaînes de télévision privées et de
journaux. S’y ajoutent des milliers de comtés locaux ainsi qu’un
maillage d’ONG couvrant principalement le monde anglo-saxon.
Certes, l’aide politique et financière apportée à l’État hébreu par certains évangélistes n’est pas toujours désintéressée.
Plusieurs de ceux
qui financent annuellement à coups de millions de dollars le départ
vers Israël de juifs russes et iraniens sont par exemple persuadés que
l’installation définitive des descendants d’Abraham sur les sites
bibliques accélérera le retour de Jésus parmi les hommes. Donc, la
conversion massive des juifs au christianisme.
Une théorie que les
dirigeants israéliens font semblant de ne pas connaître tant les
«chrétiens sionistes» sont utiles à leur cause. «Bien sûr, on
peut toujours chicaner, mais pour une fois que nous avons des amis,
nous n’allons pas nous en priver», affirme le député David Rotem,
responsable du Groupe parlementaire de contact avec les alliés
chrétiens. Quant aux responsables de la mouvance
nationaliste-religieuse (la frange politique israélienne à l’origine de
la colonisation des territoires), ils ne refusent jamais une invitation
lancée par des organisations protestantes américaines parfois plus
sionistes qu’eux.
Voilà pourquoi l’État hébreu déroule le tapis rouge lorsque les 1500 cadres du mouvement œcuménique Word of Life
débarquent à Jérusalem. Et pourquoi les rabbins de plusieurs colonies
de Cisjordanie, telle Efrat, se pressent pour serrer la main du pasteur
texan John Hagee et de ses ouailles regroupés au sein des Chrétiens unis pour Israël.
Parmi les projets caritatifs soutenus par ce pasteur
figure en tout cas la construction d’une salle polyvalente à Ariel,
une implantation de 25 000 habitants où quelques dizaines de chrétiens
sionistes se sont installés au début de la deuxième Intifada (en 2000).
«Nous voulons soutenir le peuple élu agressé par les forces du mal»,
affirmaient-ils à l’époque. Ils n’ont pas changé d’avis depuis lors
puisque plusieurs ont également demandé à rejoindre des colonies plus
radicales.
En 2008, John Hagee avait pris fait et cause pour
John McCain parce qu’il le considérait comme le «plus pro-israélien»
des candidats républicains pour la course à la Maison-Blanche. Depuis,
les Chrétiens unis pour Israël,
associés à des dizaines d’autres organisations évangéliques,
multiplient les interventions auprès des membres du Congrès et des
sénateurs pour les convaincre que Jérusalem ne devrait pas être divisée
en deux capitales de deux Etats. Les mêmes appuient également la
reprise des constructions dans les colonies de Cisjordanie dès le
26 septembre, date officielle de la fin du moratoire de dix mois
décidée par l’État hébreu.
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