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Études
Métapolitique
Sommaire

LE MODERNISME RUSSE AU RISQUE DE L’IDÉOLOGIE
Analyse d’un naufrage
Claude Bourrinet
DE MALLARMÉ À MALEVITCH, OU D’UNE APORIE À L’AUTRE
La révolution esthétique se manifesta d’abord comme une révolte contre
la forme sclérosée, mimétique, répétitive, d’un monde faux et trompeur,
qui cherche à faire passer pour réels des arrière mondes, alibis à la
médiocrité bourgeoise, à l’adhésion abjecte à des valeurs niveleuses et
hypocrites. La déconstruction d’une esthétique issue d’une tradition
fondée sur le dogme de la mimésis est l’une des plus radicales de tous
les temps. Elle cherche à redonner aux sens une innocence originelle,
et à l’art une maîtrise complète de son destin, pareille au pouvoir
exercé sur la matière sonore de la musique, qui ne renvoie qu’à
elle-même, et qui devient le paradigme des bouleversements artistiques.
Au-delà de la provocation des gestes extrêmes lancés par les écoles en
–isme – symbolisme, cubo-futurisme (1), rayonnisme (2), suprématisme
(3), constructivisme, productivisme etc. – c’est le changement des
perceptions de l’homme qui est visé, donc, en dernière instance, la
construction d’un homme nouveau, la réalisation d’une utopie, d’une «
autre dimension », dira Eisenstein. Dès lors va s’instaurer une
dialectique entre mouvement infini de remise en cause des éléments
structurels de l’œuvre d’art (forme et matière, pour reprendre la
terminologie aristotélicienne) et le champ sociopolitique, lieu des
conflits dont l’homme est l’enjeu.
Baudelaire et
Rimbaud avaient engagé cette transformation du verbe et de
l’esthétique. Mallarmé allait mettre en question les principes mêmes de
l’art occidental. L’art n’a fait que maquiller la vérité, que notre vie
est un non-sens. Les ingrédients de toute littérature, le sujet, les
anecdotes, les images, occultent l’art absolu, qui est par là même
impossible. Sa saisie ne s’effectue qu’au moment où l’œuvre accepte
l’anéantissement, qui est aussi son assomption. L’art refuse toute
compromission avec la contingence humaine. Il est, comme la mort, un
soleil qu’on ne saurait regarder en face sans devenir aveugle. La
création passe par le chemin suicidaire de la négation hégélienne. Il
faudrait soit régresser, et accepter la réalité odieuse, soit la
rejeter en un défi incessant de remise en question du monde construit
par la création artistique.
Gérard Conio (4), dont
je m’inspire de près pour mener cette étude, insiste sur la dimension
mystique, spirituelle de cette quête du Graal. Elle est l’expression
d’une nostalgie de l’origine, du désir de retrouver une langue
transparente, d’un Verbe purificateur capable de restaurer l’harmonie
entre l’homme et le monde, la voie gnostique qui accorderait le secret
fondamental, qui susciterait l’envol vers l’Idée, mais aussi le suprême
désespoir : le lieu de l’art, son topos, est toujours au-delà, fuyant,
éphémère, glissant de l’instant insaisissable au moment où l’on pense
le saisir. L’art est donc un drame, la mise en scène d’un sacrifice
propitiatoire, au bout duquel ne subsiste que la page blanche, lieu
vide et plein, lavé des scories de la subjectivité, oméga où se
résolvent deux infinis, la mémoire de l’origine, et la création
eschatologique d’un monde neuf.
Cette nouvelle
conception de l’art comme rupture et quête intransigeante se veut
aristocratique, laissée au seul initié, au maudit, à l’exilé, à
l’anormal, au yourodivyi (fol en Christ). L’artiste crée son ordre
contre l’ordre d’un monde qu’il honnit. De là, un ton apophatique,
négateur, doublé d’un accent inquisitorial, d’une tendance à traduire
toute prise de position en geste moral.
La Russie du
début du XXe siècle, selon Gérard Conio, était particulièrement apte à
comprendre la vision mallarméenne, bien plus que l’Occident, émoussé
par son sens de la mesure. Les héritiers du nihilisme, la disposition
traditionnelle du peuple russe à des élans mystiques, son anarchisme
résurgent, allaient radicaliser ce message.
La
suppression du sujet (au double sens du terme : le je et le thème) est
aussi la disparition du signifié au profit du signifiant, que l’on
dépouille jusqu’à la plus simple expression de sa matérialité, le point
et la tache. Le procédé est « mis à nu », l’accent est déplacé sur le
matériau. Dans le travail des « zaoumniki » (5), le verbe poétique est
réduit à ses composantes minimales, la représentation est déconstruite,
la figure est supprimée. Le roman, chez Victor Chlovski, devient
reportage, documentaire, montage.
L’esthétique, science
du Beau (qui ne signifie plus rien) se transforme en sémiotique,
science du signe (qui peut être n’importe quoi).
En
1915, dans son premier écrit théorique, Malevitch porte le négativisme
jusqu’à l’adieu à la représentation, manifesté par son carré noir sur
fond blanc. Puis avec son tableau blanc sur blanc, en 1919, il renonce
tout à fait à la peinture, se vouant dès lors à l’écrit, au
commentaire. Le geste est répété avec Le dernier tableau, monochrome
rouge, que Rodtchenko expose en 1921 pour en finir avec la peinture de
chevalet, et avec l’art tout court, inaugurant la période
productiviste. L’art était devenu impossible. Comme toutes les valeurs
auxquelles on accordait de l’importance, il était désormais réduit à
l’égal du zéro.
Face à l’affirmation triomphale d’un
art absolu, le scandale de la réalité se dévoile, toujours contingente,
toujours banale. D’où naît un déchirement.
Il s’agit
alors de purifier le monde par le Verbe, de retrouver l’Eden disparu,
d’accéder à la dimension cosmique de la création. Pour Khlebnikov, la «
zaoum » (langue phonique) tente d’édifier une langue universelle, une
langue « stellaire ». Le Beau doit aussi être l’expression du Vrai et
du Bien. Malevitch évoque par le blanc le dieu du Zohar. Il a peut-être
été influencé par le philosophe néo-platonicien contemporain Piotr
Ouspenski. Maïakovski, en 1918, dans Le Journal des futuristes, en
s’élevant contre le mercantilisme bourgeois, recherche une révolution
de l’esprit.
En même temps, cette quête mystique
redouble une mise en mémoire du passé russe, dans l’origine archaïque
par exemple de la corrélation entre l’écriture et la peinture,
identification désignée par le mot « pisat ». On retrouve aussi l’art
populaire et la religion de la Russie ancienne, la culture « rodnaïa »,
« maternelle », qu’on met en parallèle avec l’instinct créateur des
enfants, des peintres naïfs, des poètes fous… Larionov organise une
exposition néo-primitive d’icônes et de loubki (images populaires
gravées sur bois (6)) en 1913 – la « Queue d’âne » (7) – qui regroupe
Malevitch, Tatline, Chagall, Filonov, Le Dentu, Zdaniévitch, tous
artistes novateurs. Un rêve messianique, naturel en Russie, s’attache à
l’art.
Pour Kandinsky, le « mur » de l’art devient
limite et support. L‘enjeu se déplace de l’extérieur vers l’intérieur,
ouvrant la voie à une phénoménologie de la perception artistique, que
les contre reliefs de Tatline vont illustrer. On passe d’une esthétique
de la contemplation à une esthétique de la réception. Dès lors, tout
devient possible, le matériau vidé de son sens acquiert sa valeur du
choc qu’il produit.
Le constructivisme est une réponse
à l’impasse proclamée de l’art. Le groupe de l’ « Inkhouk » (8) de
Moscou proclame qu’il faut transformer le « byt », le mode de vie, la
vie. Le productivisme tentera de réaliser ce projet.
MAIAKOVSKI ET EISENSTEIN : L’EXIL INTERIEUR
Le premier se donna la mort en 1930 et le second continua son œuvre
cinématographique sous la tutelle sourcilleuse de Staline.
Maïakovski, en cassant le vers traditionnel, en y mêlant les vocables
familiers du peuple, a redonné à la poésie une puissance redoutable, la
ramenant brutalement sur terre, une terre rude, parfois vulgaire.
Certes, il collaborait à ses heures avec l’appareil policier, mais
c’était un authentique poète. « Pro èto » (« De ceci ») est un cri de
détresse. Maïakovski appartenait à ces bolcheviks de gauche qui
seraient écrasés par le secrétaire du parti. Comme beaucoup, il a vu
avec angoisse la liberté de création se réduire sous la pression
idéologique du régime. Il a perçu dans sa chair la contradiction entre
ses aspirations vers une révolution permanente de la vie, et la
sclérose qui paralysait les corps et les esprits, la société soviétique
entière, pour aboutir au gel, à la mort.
Eisenstein a
connu aussi sa descente aux enfers. Mais il ne s’est pas tué, du moins
physiquement. Il connut cependant des crises sérieuses, qu’il résolut
au prix du renoncement.
La première lui était commune
avec d’autres créateurs. Il s’agissait de surmonter l’aporie qui menait
l’art dans l’impasse du non-sens, une fois la mimesis rejetée. Comment
lier l’art à la vie ? On sait que le constructivisme subsuma les deux
termes sous le projet unitaire de l’utopie, l’utopie que l’on réalise
ici et maintenant (ce qui revenait en fait à subordonner l’art à la
vie). Eisenstein va utiliser le montage, le travail sur le matériau
cinématographique, et singulièrement la synecdoque, la valorisation de
la partie pour le tout, apte à toucher l’affect des foules (le cinéma
étant l’art des masses par excellence).
La seconde
crise fut résolue au début des années trente, en plein stalinisme
triomphant. On peut résumer le constat auquel il parvint : « L’art est
régressif par sa forme et progressif par son contenu. » Mais en art, la
forme prime, et conditionne le contenu. Eisenstein s’aperçoit alors que
l’art, c’est le Mal.
La découverte de la « plongée dans
le sein maternel », dans les archétypes, à partir des travaux des
psychanalystes Ferenczi et Otto Rank, ainsi que les expériences des
contre reliefs de Tatline, l’amènent à définir la « Méthode », ou le «
Grundproblem » (le « problème fondamental »). Pour lui, l’objectif de
l’artiste est l’extase. L’Empreinte (« eindruck ») désigne les traces
du trauma originel et le mode de superposition appelé à constituer le
montage des attractions et à susciter de l’organique à partir du
mécanique. Son cinéma mêle archaïsme et modernisme, pensée sensorielle
et pensée conceptuelle, Apollon et Dionysos, futur utopique et origine.
DU CONSTRUCTIVISME A LA « CONSTRUCTION DU SOCIALISME »
La première exposition d’ « Obmokhou » (« Association des jeunes
artistes) en mai 1920, inaugurée par Lounatcharsky, présente des
manifestations d’agit-prop, destinées à montrer comment utiliser les
activités artistiques à des fins de publicité révolutionnaire.
L’exposition « 5x5=25 » constitue un tournant décisif. Il s’agit de
briser les mentalités « archaïques ». L’action se place sous l’angle de
la lutte contre l’aliénation. Les productivistes reprochent à
l’esthétique formaliste de l’objet (« viéchisme ») de substituer à la
reproduction de la nature la reproduction de la machine. Pour
Maïakovski les artistes sont des « artisans chargés de réaliser la
commande sociale ». Le savoir-faire des poètes, leur métier
(masterstvo) livre à la séduction étatique les masses désarmées. La
fonction poétique est remplacée par la fonction de communication. Les
artistes sont passés de la « dissonance » dont parlait Koulbine à l’ «
harmonie », synonyme de mort. L’affirmation de Rodtchenko, selon
laquelle « l’art littéraire » est destiné à débarrasser la vie des «
enjolivures », pour légitime qu’elle soit dans le domaine esthétique,
prend une résonance sinistre dans l’ordre politique.
Comment l’art, se voulant autonome, a-t-il pu servir d’instrument à un
Etat totalitaire ? Cette question est d’autant plus cruelle que c’est
justement par la manifestation de la plus haute vie que l’œuvre de mort
a procédé, comme si l’art se révélait être un pharmakon, capable
d’empoisonner dans la mesure même où il se présente comme un salut. On
peut essayer d’identifier l’origine de cette régression en détachant
quelques caractéristiques qui l’ont favorisée :
On crée une
confusion entre l’art et la vie, un glissement sémantique entre ce qui
concerne au premier chef l’esthétique et ce qui revient aux
conditionnements socio psychologiques.
On effectue un transfert, à
la manière du « sdvig » (9), de la préoccupation d’un salut individuel,
à celle du salut communautaire. On passe ainsi d’un plan à un autre
qualitativement différent, sans voir que la nature du projet est
changée, l’œuvre devenant une entreprise sociale et se soumettant
insidieusement au primat du politique, au sens large comme au sens
réduit.
Le ton apophatique, négateur, radical, doublé d’une emphase
irritante, la manifestation d’un souci pédagogique et prosélyte, ont
exacerbé l’aspect dogmatique de la rhétorique.
La gratuité ludique
de l’utilisation des matériaux créatifs, mots, couleurs, formes,
lesquels provoquent un impact psychosensoriel susceptible de modifier
les états de conscience et d’instiller de manière subliminale des
affects et des concepts en complet décalage avec la réalité, sinon avec
la vérité, renforce l’emprise idéologique de l’Etat totalitaire. La
création verbale pure des « zaoumniki » est un laboratoire pour la
novlangue. Au lieu d’unir les hommes par le haut, elle les transforme
en masse indifférenciée douée d’une mentalité prélogique. La forme
produit le sens, les liens syntaxiques et logiques sont rompus,
suscitant des automatismes qui aboutissent à une phraséologie vide, à
une langue codée qui se substitue à la réalité, plus proche des
réflexes conditionnés de Pavlov que d’une pensée cohérente, une langue
incantatoire, faite d’enchaînements de sons bruts capables de
galvaniser les foules et d’agir sur ses nerfs (mais les inventions
verbales de Kroutchonykh, de Kamienski, d’Iliazdov sont indéniables :
c’est toute l’ambiguïté d’une période révolutionnaire).
En Russie, l’impersonnalité de l’art renvoie immédiatement à l’impersonnalité de l’État.
Le
renversement carnavalesque de l’art entre le haut et le bas, qui, sous
couvert d’un égalitarisme agressif, a nivelé vers le bas toute
expression, tout mode d’être en société, a abattu les frontières qui
permettaient d’endiguer l’inondation idéologique et de préserver
certaines classes ou castes de la puissance dévastatrice de la
démagogie.
ART NIHILISTE
Le « laminage de la
personnalité », la « perekovka douch », le « remodelage des âmes », mis
en œuvre par le totalitarisme stalinien, qu’un Zinoviev, dans les
Hauteurs béantes a dénoncés, ont favorisé la crétinisation massive que
la société de consommation tente d’apporter avec elle, avec la
bénédiction d’anciens dissidents, transformés en commis parvenus du
nouveau capitalisme. En Occident, les Diafoirus et les Homais
pullulent, et ont rabaissé toute valeur, toute connaissance à une
prétentieuse exhortation à aménager une existence médiocre, la parant
de cette ornementation ludique qui donne au vide un surcroît
d’esthétisme, parallèlement à ce surplus d’âme que les actions
humanitaires octroient aux masses repues de délectations télévisuelles.
Pour Gérard Conio, l’homologie est flagrante entre ce qui s’est passé
en URSS et ce qui se joue actuellement dans la modernité : privilégier
la perception après avoir déconstruit les formes et aboli l’art,
transférer les codes d’une certaine pratique artistique à la gestion
marchande du monde, au point d’en devenir le miroir idéologique à base
d’hédonisme de supermarché et de gratuité nihiliste, confondre des
justifications esthétiques et des explications sociologiques ou
politiques, légitimer en définitive un réel dégradé.
Notes
1)
Le cubo-futurisme est une variante russe du futurisme italien qui, par
la provocation, le scandale et la violence, promut la modernité, la
machine, le mouvement et le dynamisme au rang de constituant à part
entière de l’art.
2) Mikhaïl Fedorovitch Larionov s’intéressa à
l’impressionnisme, au fauvisme et au cubisme, avant de fonder, à partir
de 1909, et avec sa femme Natacha Gontcharova, le rayonnisme. Larionov
fut l’un des pionniers de l’art abstrait. Après son installation à
Paris en 1914, il réalisa de nombreux décors pour les Ballets russes.
3) Le suprématisme est la première théorie de la peinture non objective. Malevitch en est l’inspirateur en 1915.
4) Gérard CONIO, L’art contre les masses : Esthétiques et idéologies de la modernité ; L’Age d'Homme, Lausanne, 2003.
5)
Vélimir Khebnikov, mort du typhus en 1922 à 37 ans, mena une quête
mystique de l’Unité et de l’Harmonie, de la maîtrise du temps et de
l’Histoire, mêlant rationalité du Nombre et l’Irrationalité du Verbe.
La langue Zaoum, libre jeu de phonèmes russes chargés de sens, fait
éclater le conservatisme de la culture pour ressusciter les fonds
archaïques de la slavité, déchaînant une fureur insurrectionnelle et
aboutissant au Monde de l’Harmonie (« Ladomir »).
6) L’ imagerie
populaire russe traditionnelle, représente des héros légendaires, des
preux intrépides (« bogatyrs » ou « vitèzes »), des tsarévitch ou
tsarévna, des bouffons et des baladins (« skomorokhi »), des moujiks
étonnants, des « fols en Christ » (« yourodivy »), des monstres et
esprits forestiers…
7) L’exposition néo-primitiviste « La Queue d’âne » réhabilita l’art folklorique russe issu de la tradition orientale.
8)
Au début de l’année 1921, l’ « Inkhouk » (Institut de Culture
Artistique ») regroupe des artistes tels qu’Alexandre Rodtchenko,
Varvara Stepanova, Alexandre Vesnin, Lioubov Popova, Alexandre Exter,
qui veulent rompre avec la composition. Ils adoptent la notion de «
construction » pour désigner l’abandon des éléments « superflus », et
l’utilisation rationnelle des matériaux (souvent d’origine industrielle
ou technologique, comme le fait Tatline). Trois principes se dégagent :
La « facture » concerne le caractère concret, rationnel et universel du matériau ;
La « construction » définit la fonction collective des éléments et le projet ;
La « tectonique » établit la finalité idéologique de l’objet.
9)
« La création décalée » est une traduction possible d’un mot russe qui
exprime un concept fondamental de l’esthétique cubo-futuriste : le «
sdvig ». Forgé à l’origine pour désigner la déformation des figures
dans la peinture cubiste, le sdvig va bientôt se généraliser, se
conceptualiser pour élargir cette défiguration picturale à une
transformation qui affecte la création tout entière, la « création
décalée » » (in L’art contre les masses…, p. 13).


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