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Jésus, Auschwitz et le 11 septembre :
Trois étranges superstitions
de l'Occident matérialiste moribond ?
Patrick Keridan
11 septembre 2010
L'0ccident : combien de bataillons ? Pourquoi nous battons-nous ?
Est-ce vraiment pour empêcher ces odieux extrémistes de Talibans de
maltraiter leurs femmes en leur voilant la face contre leur gré que
nous envoyons nos jeunes-gens au casse-pipe là-bas et qu'une petite
cinquantaine d'entre eux n'en sont pas revenus ? Ou est-ce nous qui
nous voilons la face ? Deux Français sur trois ne croient pas aux
sornettes qu'on leur débite à ce sujet (le danger terroriste,
islamiste, raciste, antisémite, etc.) mais les "princes" qui nous
gouvernent s'en foutent. " Le peuple n'y comprend rien qu'on vous dit.
Faut l'éduquer ", alors on fait donner les médias serviles et les intellectuels d'opérette qui colonisent les plateaux du temps de cerveau disponible...
L'Occident existe-t-il ? Qu'est-ce donc que ce conglomérat
euro-atlantique à prétention hégémonique globale qui règne en
contrôlant les principales institutions internationales (ONU, Banque
mondiale, FMI, UNESCO… et le show de nos élections présidentielles, il faut le reconnaître !) ? C'est d'abord une puissance industrielle,
financière et militaire inégalée jusqu'ici. On peut bien tenter de s'y
opposer, mais la rhétorique des mots ne fait pas le poids face à celle
des armes et des budgets qui peuvent réduire au silence les plus
récalcitrants en pulvérisant leurs gouvernements, leurs économies et
aussi, hélas, une partie de leur population, sans autre forme de
cérémonie. La Serbie, l'Irak, le Liban et l'Afghanistan en ont
récemment fait les frais. L'Iran, la Syrie, le Venezuela et quelques
autres figurent en tête des prochaines cibles éventuelles. La Russie et
la Chine n'ont qu'à bien se tenir…
Oui, mais voilà, cet Occident-là est en sursis :
les
résistances irakienne, palestinienne, libanaise et afghane lui
infligent des pertes considérables, même si elles sont encore infimes
comparées aux massacres perpétrés par les Occidentaux (les fameux
"dommages collatéraux") dans les pays concernés. La guerre asymétrique
comme réponse du faible au fort garde toute son efficacité, surtout
face aux armées modernes soumises à l'impératif politico-médiatique du
"zéro mort dans notre camp". La domination occidentale sera d'autant
plus coûteuse et difficile à maintenir que la résistance, déjà dotée
d'un esprit de sacrifice inégalé chez nos troupiers, s'équipe
rapidement d'armements légers et mobiles capables de détruire les
blindés qui se pensaient hors d'atteinte jusqu'ici. À Beyrouth,
un musée du
Hezbollah a exhibé cet été un char israélien Merkava en
précisant qu'une quarantaine d'entre eux ont été détruits lors de
l'agression israélienne contre le Liban, en 2006. En Irak et en
Afghanistan, ce sont des bombes artisanales, en attendant mieux, qui
mettent régulièrement en difficulté les convois occidentaux.
Mais le plus grave
danger pour les troupes d'occupation provient du rejet qu'elles
inspirent aux populations locales souvent maltraitées, torturées,
bombardées, généralement "collatéralisées" par les seigneurs de
la guerre des deux camps sans avoir rien fait pour le mériter.
La bataille des coeurs et des esprits est, selon toute apparence,
perdue depuis longtemps. La légende du libérateur accueilli à bras
ouverts a vécu. Et cette bataille est déjà perdue également
sur le front intérieur dans les pays fournisseurs de supplétifs à la
Mégamachine de guerre. En France comme aux USA, en Grande-Bretagne et
en Allemagne, cette guerre coloniale permanente qui ne dit pas son nom
est de plus en plus impopulaire. Le reflux est d'ailleurs entamé, et il
sera sans doute très difficile désormais d'entreprendre de telles
aventures, quels qu'en soient les prétextes terroristes, réels ou
fabriqués.
Plus grave encore, d'un point de vue occidentiste :
l'effondrement visible des grands mythes de légitimation qui lui ont
conféré son armature morale jusqu'à présent. Après le marxisme, puis le freudisme, l'évangélisme militant,
épine dorsale du néo-conservatisme usaméricain qui inspirait
l'establishment de la dynastie Bush, toujours puissant, est sur le
reflux, comme l'indique la ridicule querelle de ce pasteur qui
prétendait brûler un Coran, ce 11 septembre 2010 au moment même où
d'autres envisagent de construire une mosquée sur l'esplanade de Ground
Zero. La croisade civilisationnelle inaugurée
par Samuel Huntington bat de l'aile tout en persistant à menacer la
paix mondiale sous la forme d'un sionisme agressif, juif et
chrétien. Précisément parce qu'il ne lui reste plus que
l'intimidation comme recours lorsque la foi et les moyens se font rares.
En Europe, le mythe du doux
Jésus s'effiloche au milieu des scandales répétés affectant son église,
dont le vicaire Ratzinger -- curieusement prénommé Joseph, comme
Staline, Goebbels et McCarthy -- alias Benoît XVI, s'est aligné
sans vergogne, tout comme son prédécesseur, sur le cynisme des intérêts
multinationaux qui gouvernent la planète avec leurs collaborateurs
politiques, en ne s'opposant que rarement, et du bout des lèvres, aux
déluges de bombes occidentales (donc "judéo-chrétiennes") déversées sur
les
populations civiles auxquels nous avons assisté ces dernières années à
Gaza, au Liban, en Irak, en Afghanistan…
Le Jésus superstar des
journées mondiales de la jeunesse n'est qu'une idole soumise aux
rythmes d'un temps corrompu, comme son émule Michael Jackson, en
parfaite symbiose avec les mass-médias du pouvoir et la dépolitisation
systématique qu'ils orchestrent. Jean Giono expliquait qu'en
choisissant le titre de son grand roman-manifeste Que ma joie demeure
(1934), il avait délibérément coupé le mot "Jésus" figurant dans la
cantate de Bach du même nom, car Jésus signifie le renoncement aux
joies du corps, indispensables forces vitales en amour comme à la
guerre… Aujourd'hui qui se soucierait de "couper" l'avorton de "Dieu"
de notre horizon puisqu'il s'est enfui, déléguant son rôle de
consolateur-dépolitiseur à la société de consommation, ses publicités
obsessionnelles, ses drogues, ses stades de foot & news…
Reste Auschwitz. Ou plutôt, en reste-t-il quelque chose
après l'instrumentalisation massive du plus célèbre des pogroms ? De
nombreux historiens, que certains calomniateurs appellent des
falsificateurs, contestent la version, imposée par
des
lois liberticides, des faits qui demeurent d'autant plus discutés qu'on
cherche à en interdire la discussion, l'examen, la réévaluation. Malgré
les interdictions, les condamnations, les menaces, les voies de fait,
les lourdes amendes, la
prison -- où moisissent aujourd'hui l'Autrichien Gerd Honsik et le
Français Vincent Raynouard -- ces historiens ont aujourd'hui pignon
sur Internet et tous ceux qui veulent se faire une opinion sur cette
importante question peuvent consulter des milliers de pages de patiente
recherche où visionner des vidéos, comme celle du jeune juif
états-unien David Cole qui met à mal la version musaïque du fameux
"camp d'extermination" de façon convaincante, notamment en allant
interroger son directeur sur place…
En dehors des questions concernant les faits
réels ou allégués de ces aspects de l'ancien conflit, se pose celle de
l'épuisement du mythe. Comme tous
les mythes successifs d'incarnation du "Mal", de l'invention
monothéiste de Satan jusqu'à celle de Ben Laden, celui-ci finira par
s'épuiser,
et le diagnostique est sans appel : il est moribond. C'est précisément
pour cela qu'on fabrique des lois style Fabius-Gayssot et toute une
prédication scolaire : pour tenter de le maintenir à bout de bras chez
les nouvelles générations qui n'en ont "rien à cirer" au milieu de
leurs soucis actuels.
L'Occident a couvé ou inspiré bien d'autres grands
massacres ou génocides avant et après, tout aussi ou plus
meurtriers, que celui-là, et pourtant, ils sont oubliés, même lorsqu'il
existe des survivants ou des descendants susceptibles de demander
réparation. Aucun devoir de mémoire n'est exigé pour Hiroshima, les tapis de bombes incendiaires sur l'Allemagne ou le Vietnam, le
Goulag soviétique, les descendants d'esclaves ou des Amérindiens exterminés, etc. L'énorme auréole mythique entourant les massacres de juifs
il y a six ou sept décennies ne s'est pas maintenue sans arrière-pensées.
Au Moyen-Orient, elle a servi de tremplin à la construction de l'État
d'Israël en fermant les yeux importuns sur l'épuration ethnique des
Palestiniens qu'elle a occasionnée, dont les graves conflits actuels
sont la conséquence (voir les recherches de l'historien juif Ilan Papé
à ce sujet). En Europe, elle a servi à culpabiliser l'Allemagne et ses
collaborateurs, à asseoir la domination des deux puissances
impérialistes qui ont occupé et divisé le continent, qui l'assujettissent encore à des intérêts géopolitiques étrangers.
Dernier avatar monothéiste de l'empire du Mal : le
11 septembre
dont on a célébré aujourd'hui, de façon plutôt modeste et
tristounette -- témoignage d'un incontestable épuisement --, le 9e
anniversaire. La mythopolitique du 11 septembre, comme les célèbres tours du World Trade
Center, s'effondre sur elle-même. Les mensonges qui
la sustentaient, aujourd'hui aisément démontables, font office de
nano-thermite (l'explosif dont on a retrouvé des traces sur Ground
Zero, preuve difficilement réfutable d'une explosion contrôlée d'en
bas) provoquant l'implosion finale. Certes, nous n'en sommes pas encore
tout-à-fait là, car de nombreux
citoyens honnêtes, quoique dénués de
sens critique, croient encore à la version officielle de ces événements
sur lesquels, il faut le préciser, toute la lumière est loin d'avoir
été faite. Mais comme le souligne Thierry Meyssan dans un récent
article à ce propos (lisible sur Voltaire.net), chaque année qui passe
voit les rangs des sceptiques grossir de 10% aux États-Unis.
Actuellement, 70% des États-Uniens ont cessé de croire aux explications
officielles de l'attentat. C'est un retournement.
On peut se demander ce qui va se passer si nos
grands mythes, nos superstitions (étymologie : ce qui subsiste au-delà
ou après…) succombent l'un après l'autre. Va-t-on trouver quelque chose
pour les remplacer
? Une autre figure du mal ? Compte tenu de la rotation de plus en plus
rapide de ces croyances et de la médiocrité des derniers ersatz de
Satan, gageons, espérons que le prochain n'aura que la force de nous
faire sourire...
Préparons-nous surtout au siècle post-américain, à l'anti-PNAC* qui verra le système mondial se reconstruire sur la base d'un nouveau paradigme qui ne sera plus dicté par l'Occident.
En Europe, en tout cas, nous aurons d'autant plus
vite oublié Jésus, Auschwitz et le 11 septembre que nous nous
serons détachés des puissances politiques et spirituelles qui nous ont
enchainés à ces mythes manichéens, que nous serons portés à
renouer avec les richesses philosophiques de l'antiquité
préchrétienne...
En attendant, rien ne nous empêche dès à présent de
commencer à nous préoccuper de la Cité au sens antique, de l'Empire
intérieur des
Européens, d'une économie organique à échelle humaine, relocalisée (ou
ré-enracinée), de tenter de faire revivre un esprit communautaire
par-delà l'épuisement de nos vieilles nations. Mais la priorité
des priorités est de fuir ce jeu politico-médiatique au sein duquel les
puissances qui nous gouvernent nous emprisonnent par les chaînes d'une
"servitude volontaire".
P. K.
*Projet for a New American Century,
le canevas de conquête des néo-conservateurs, aujourd'hui en suspens,
sans avoir été abandonné par les héritiers "faucons" de la pensée de
Samuel Huntington et Zbignew Brzezinski.
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