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Études  Métapolitique Sommaire

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La ronde de l’Objet Verbal Non Identifié    


Les OVNIS de l’imposture médiatique

 


Jacques Marlaud*

1er septembre 2007

 

« Et si c’était vrai ? » interroge l’affiche cinématographique d’une soucoupe volante. Dans le ciel médiatique qui nous tient lieu de réalité, on ne pose même plus la question : on nous assure que les OVNIS (Objets Verbaux Non Identifiés) qui se présentent par dizaines sont vrais.

Nos bulletins d’information quotidiens sont encombrés de formules abstraites et creuses, vides de toute substance. Pourtant, le « Réchauffement climatique », le « terrorisme international », l’« explosion démographique du tiers-monde », la « pauvreté dans le monde », le « développement durable », la « gouvernance globale », les « risques de prolifération nucléaire », les « États voyous », la « fracture sociale », l’« antisémitisme », le « danger islamique »… n’existent pas, du moins pas au sens où l’on parle de ces soucis quotidiens que sont le chômage et le coût de la vie, les charges sociales et le travail au noir, l’immigration étrangère massive et le changement de physionomie de nos grandes villes,  le bilan sanglant des occupations militaires en Irak, en Afghanistan et en Palestine, la recrudescence des conflits tribaux en Afrique, l’éducation scolaire parfois questionnable de nos enfants, l’hygiène souvent déplorable de nos hôpitaux et la pollution de l’air que nous respirons. Mais force est de constater que les OVNIS médiatiques occupent un espace informationnel toujours plus important au détriment du souci concret des gens.

Entendons-nous bien : on ne peut raisonnablement nier que des actes terroristes, des gestes antisémites soient commis, parfois, localement, tout comme se produisent des hausses de température ici ou là.  On sait aussi que les pauvres ont toujours été plus nombreux que les riches et que le fossé entre les uns et les autres se creuse scandaleusement. Mais, pas plus que Joseph de Maistre n’avait rencontré « l’homme » après avoir vu dans sa vie des Français, des Italiens, des Russes et ouï-dire des Persans grâce à Montesquieu, nous n’éprouvons la pauvreté-dans-le-monde en croisant des sans-abri, ni ne constatons le réchauffement global dont on fait grand tapage, ni ne subissons le terrorisme international dont on nous rebat les oreilles, même en voyageant beaucoup. Même évanescence pour l’antisémitisme « démontré » par le vandalisme épisodique commis sur des tombes juives et la profération de quelques injures scolaires entre communautés religieuses hostiles, ou même parfois inventé à grand fracas (dans le feuilleton du RER D en juillet 2004) comme est parfois médiatiquement fabriqué le « terrorisme islamiste » (exemple : l’affaire du bagagiste de Roissy en décembre 2002)*1. Le maniement, comme d’une arme, de ces formules rhétoriques sans substance est une imposture, car elles sont fondées sur des généralisations abusives à partir d’incidents mineurs, d’hypothèses invérifiables ou de fausses pistes, montées en épingle par la presse à scandales (c’est-à-dire, aujourd’hui, par toute la presse) pour servir des objectifs de propagande politique.

S’il s’agissait de simples hypothèses enrobées dans les boursouflures théâtrales et démagogiques du discours politicien, nous n’aurions pas de raison de nous alarmer. Mais lorsqu’on prétend que ces artifices sont des réalités qu’il y a lieu de craindre, des comportements nuisibles ou « criminels » qu’il nous faut prendre au sérieux et combattre, lorsque ces prévisions ressemblent un peu trop à de la prédiction apocalyptique, qu’elles figurent comme « de graves préoccupations » à l’agenda de prestigieuses rencontres internationales et font même l’objet de publications scientifiques, l’honnêteté intellectuelle et le bon sens nous font un devoir de les dénoncer. Contre l’intolérance du monothéisme médiatique, le plus répandu des monothéismes contemporains, il ne nous reste que le droit au blasphème du libre-penseur, le scepticisme résolu afin de rendre ses droits à la pensée, de relancer le débat.

 


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L’imposture médiatique est omniprésente. Personne ne l’ignore vraiment. Les refrains « on nous cache tout, on nous dit rien », « tous les politiciens sont des menteurs » sont populaires. Ce qui ne nous empêche pas d’en consommer toujours plus, comme des obèses persistant à se gaver de malbouffe.

Contrairement à la propagande, à l’intoxication, à la désinformation, au média-mensonge et autres manipulations volontaires de l’information imputables à des belligérants identifiables, même derrière leurs masques, l’imposture médiatique s’installe subrepticement en temps de paix – plus précisément : dans la guerre idéologique larvée que nous appelons « temps de paix » malgré les nombreuses petites guerres qui le caractérisent. Il est souvent difficile de retracer son origine jusqu’à tel ou tel groupe de comploteurs. Elle progresse grâce aux techniques du marketing viral et devient une croyance si partagée que nul n’ose la remettre en question, hormis quelques incorrigibles sceptiques que personne n’écoute

            Sa force de conviction repose sur la puissance des canaux de légitimation qui la propagent : autorités

politiques, morales et religieuses, forums scientifiques et économiques, face auxquels tout sceptique

sincère ne fait guère le poids.

L’imposture passe pour ce qu’elle n’est pas. Amplifiée, reprise ad nauseam par mille médias et autant de personnalités, elle acquiert la force du fait brut constatable, de la vérité indiscutable destinée à nous faire réagir et agir, à accorder la priorité aux conséquences de ses « révélations ».

            Son efficacité se mesure à sa capacité à masquer les véritables enjeux, jugés trop indécents et coûteux

pour motiver la masse civilisée des consommateurs, et à susciter autant de pseudo-enjeux  à l’allure noble

et généreuse (l’ « urgence » humanitaire au Darfour) ou, au contraire, alarmiste et terrifiante (le

« danger » nucléaire iranien) qui troublent nos sentiments et arrachent notre adhésion par effraction.

Le faux ennemi

 




Réchauffement climatique et terrorisme international correspondent sans doute à certains faits vérifiables, à certaines actions (f)relatées par les médias. Personne ne conteste qu’il y a du terrorisme de par le vaste monde depuis longtemps et, peut-être, que sa fréquence a augmenté ces derniers temps – recrudescence toute relative, nuancée par le souvenir de toutes les guerres sales, de l’occupation à la  libération, de la colonisation à la décolonisation et à la post-décolonisation, comme la guerre d’Algérie jamais vraiment terminée depuis 1945, ou celle qui se déroule depuis plus d’un demi-siècle au Moyen-Orient à propos de la Palestine, épicentre de la querelle des monothéismes et vieille terre de croisades internationales.

               Éminemment contestable, par contre, est la dimension internationale, le lien censé rassembler 

toutes ces guérillas divergentes, ces rébellions dont l’obédience et les objectifs diffèrent radicalement, 

en un seul grand complot contre le monde occidental, « libre et démocratique », qui, de son côté, assure-

t-on, n’aspire qu’à vivre en paix.  Disons-le tout net : le terrorisme international n’existe pas, pas plus que 

le mythique Ben Laden et son réseau tentaculaire*2 que, super-gendarme prétend traquer en menaçant et en

occupant militairement quantité de pays lointains, et en déversant des tonnes de bombes sur des peuples

qui n’ont jamais auparavant été particulièrement hostiles aux États-Unis, voire qui ont même parfois,

comme l’Irak et l’Afghanistan, comme la Syrie et le Liban, collaboré avec eux. Nous avons certes affaire à

de multiples recours à la guerre asymétrique, mais aucune cause commune ne les relie. Chiites, sunnites,

wahhabites, baasistes, salafistes, Talibans, Hamas, Fatah, Hezbollah, même en tant que musulmans, sont

plus souvent des rivaux, voire des ennemis, que des alliés en guerre contre l’Occident, ceci au détriment

de la cause arabe, qui n’en a d’ailleurs jamais été une. Des Palestiniens, des Irakiens, des Tchétchènes et

des Afghans sont aujourd’hui des poseurs de bombes comme l’ont été naguère des résistants français, des

Israéliens, des Algériens, des Pieds-noirs, des Irlandais, des Bretons et des Basques. Comme le seront

demain les petits États agressés par les grands, les peuples occupés, asservis ou spoliés de leur héritage.

                                 




            Qui plus est, les premiers et les plus importants commanditaires et manipulateurs de l’arme terroriste sont les États et plus que tout autre, les grandes puissances : secret de Polichinelle éventé depuis longtemps par les abondantes confidences des « super-flics » et autres agents secrets à la retraite.  Attentats à la bombe et assassinats ont été fréquemment perpétrés par les barbouzes, les mercenaires et autres polices parallèles travaillant pour les gouvernements français, espagnol, soviétique, états-unien, israélien, italien et britannique entre autres, et rien ne laisse penser que ces pratiques ont été abolies. Aujourd’hui même, il existe de nombreux indices concordants (rassemblés entre autres sur le site Internet reopen 9/11, et dans les ouvrages de Thierry Meyssan) que le gouvernement états-unien est directement impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001 qui, comme les déclencheurs historiques de l’explosion du croiseur Maine en 1898, l’attaque de Pearl Harbour en 1941 et l’incident du Golfe du Tonkin en 1964, ont servi de prétexte à l’entrée en guerre des Etats-Unis et à leur occupation illégale de territoires étrangers. On sait de source fiable, en tout cas, que pendant de nombreuses années les États-Unis ont sous-traité aux réseaux Al-Qaïda, directement ou par le truchement des redoutables services secrets pakistanais, saoudien et israélien, leurs basses œuvres terroristes contre les soviétiques et leurs alliés. Guerre sale qui s’est propagée en Bosnie au début des années 1990 et au Kosovo jusqu’en 1999, et qui était mise en œuvre dès les années 1970/80 sur le sol même de l’Europe (cf. Jürgen Elsässer et Daniele Ganser )*3

                                         

Il est désormais clair que le terrorisme est une arme asymétrique majeure qui tient en échec la plus puissante armée du monde en Irak, et dont ne se privent aucun des belligérants. De nombreux attentats « sous faux drapeau » au Moyen-Orient seraient imputables aux états-uniens et à leurs alliés britanniques et israéliens. Il faut donc beaucoup de culot pour condamner d’une main le terrorisme que l’on pratique et instrumentalise de l’autre. Le culot des apprentis-sorciers qui accusent les autres de sorcellerie. Le toupet de l’imposture médiatique qui s’impose comme une évidence grâce à la vénalité des uns, à la lâcheté des autres, auxquelles s’ajoute la psychologie moutonnière des foules qui n’osent imaginer le cynisme des modernes seigneurs de la guerre.*4

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

Et s’il est une arme plus puissante encore que le terrorisme physique : c’est précisément l’imposture médiatique du « danger terroriste  international », car elle attaque nos cerveaux, nous transforme en petits soldats idéologiques des guerres que l’on nous prépare, en sujets soumis des nouveaux États policiers badigeonnés à la démocratie et en martyres résignés des vagues d’attentats prêtes à déferler sur nos paisibles chaumières…

À l’imposture terroriste comme arme puissante de la conquête des esprits, il faut joindre quelques thèmes connexes comme le « danger islamiste » (substitut du « péril jaune », puis du « péril rouge » des époques antérieures), ou encore la soi-disant prolifération des armes de destruction massive que nous sommes conviés à craindre et à combattre de toutes nos forces alors que les principaux disséminateurs de technologie militaire de pointe sont les États qui prétendent interdire la prolifération !*5 La solution, ici aussi, est politique : puisque tout le monde a la bombe ou est sur le point de l’avoir et qu’on ne peut raisonnablement l’empêcher, c’est l’usage, le recours à ces armes ultimes qu’il nous faut tenter d’empêcher ou de restreindre par des conventions, tacites ou explicites, comme cela s’est pratiqué, avec un succès relatif jusqu’à présent, puisque les USA n’ont jamais bombardé la Russie qui n’a jamais frappé la Chine, qui n’a jamais tiré sur l’Inde qui n’a jamais pulvérisé le Pakistan qui…

Même démarche avec les intégristes d’un Islam guerrier qui se nourrissent de l’anti-islamisme médiatique – à l’instar de l’extrémisme juif qui se renforce d’un antisémitisme artificiellement gonflé par les médias*6  – et ne peuvent être contenus efficacement que dans le cadre d’une offensive politico-diplomatique auprès de leurs coreligionnaires modérés, dans le cadre d’une grande politique Moyen-Orientale que l’Europe n’a aucun intérêt à abandonner aux États-Unis.

L’imposture médiatique des faux ennemis illustrée ci-dessus cherche à enrôler l’opinion en faveur de vraies guerres aux desseins et aux conséquences inavouables, au service de vastes intérêts particuliers et non de l’intérêt général des peuples concernés. Elle nous détourne aussi des ennemis réels ou potentiels, des menaces géopolitiques concrètes contre lesquelles les Européens feraient bien de s’armer à long terme sous peine de sombrer dans les oubliettes de l’histoire au profit du pompier-pyromane autoproclamé gendarme du monde et des empires émergents.

La pseudo-catastrophe

L’imposture médiatique de la fausse catastrophe annoncée nous détourne des véritables calamités à combattre d’urgence, quoi qu’il en coûte, et de la méditation sur l’être du monde que nous construisons (et détruisons) plus ou moins consciemment, de la réflexion préalable à tout nécessaire changement de comportement. Éruptions volcaniques, secousses sismiques, tempêtes et moussons catastrophiques, tout comme l’agression ou l’attentat soudain (bombardement états-unien de Bagdad, effondrement des tours jumelles à New-York, attentats de Paris, Madrid, Londres, destruction du Liban par Israël), jouent parfaitement ce rôle de « tsunamisation » de l’information*7 en oblitérant provisoirement le souci des crises durables, des conflits larvés, épisodiquement ravivés, des affaires de corruption à n’en plus finir, des pénibles décisions politiques qui ne sauraient être sempiternellement repoussées aux prochaines échéances électorales. On entend de loin ce cri désuet du XXe siècle signifiant que tout s’arrêtait pour recommencer autrement : « Ça y est : la guerre est déclarée ! ». Immense soupir de soulagement des ardoises effacées, des querelles vidées, des virginités refaites sur le dos de l’ennemi commun. Chant du départ entonné à l’unisson dans un élan de joie sauvage…

Les catastrophes qui envahissent brutalement nos bulletins d’information remplacent à moindre coût les guerres qu’on ne déclare plus. Mais elles sont aussi éphémères qu’imprévisibles, et lorsque la fièvre médiatique retombe, après l’orage, réapparaissent les vieux comptes à régler et toute la déprime que l’on avait oubliée. La crise repart alors de plus belle : chômage, dettes, délinquance, corruption, pollution reconstituent la trame ordinaire et peu ragoûtante de l’information.

C’est alors qu’apparaît l’invention géniale : la catastrophe à retardement susceptible de captiver les imaginations, de meubler les forums politiques et les soirées « people » à la télé, de mobiliser les nations derrière une noble cause universelle pendant suffisamment de temps pour permettre aux prédateurs de la mondialisation de se racheter une bonne conscience sans desserrer leur emprise sur la planète économique et politique, sans dérangement majeur et surtout sans que les peuples subissant leurs bouleversements n’osent leur demander des comptes.

Mieux que ses concurrents, la surpopulation ou la crainte d’une pandémie universelle (Sida, vache folle, grippe aviaire), le réchauffement climatique, couplé avec le nouvel impératif de « développement durable », survient à point nommé comme grand récit de substitution pour remobiliser les esprits déconcertés et désamorcer les risques de révolutions qui couvent dans les fossés, toujours plus béants entre les classes appauvries et dépendantes, toujours plus nombreuses, et l’hyperclasse (Jacques Attali) de spéculateurs et manipulateurs qui surfe élégamment au sommet du dispositif mondialisateur.

Il n’est pas question ici de mépriser le débat sur les éventuelles influences des activités humaines sur le climat, et encore moins de nier les dommages que celles-ci infligent à l’environnement, ni même d’invalider toutes les hypothèses sur les fluctuations climatiques à venir, bien au contraire. Tous ces soucis légitimes sont escamotés par l’imposture. C’est elle qui est en cause : l’affirmation, sans preuves dignes de ce nom, que nous n’échapperons pas à un réchauffement dont les effets dramatiques se feront sentir à court ou moyen terme .*8 Certains vont même jusqu’à nous expliquer doctement que la consommation d’un kilogramme de bœuf « représente le même impact écologique qu’un trajet de 250 kilomètres en voiture et brûle assez d’énergie pour allumer une ampoule de 100 watts pendant près de vingt jours. » *9  Mais pourquoi donc tardons-nous tant à devenir végétariens ?

Le réchauffement de la planète est désormais un thème obligé des rencontres au sommet, comme celle du G8, avec le Darfour et autres objectifs « humanitaires », qui masquent ou euphémisent les enjeux géopolitiques abordés en coulisse par les grands acteurs internationaux. Les promesses, toujours répétées mais jamais tenues, d’une réduction globale de la production des gaz à effet de serre se portent comme le badge vert du « souci de l’environnement » sur le veston de ceux qui ont d’autres chats (militaro-industriels) à fouetter.

Les doutes exprimés ça et là à l’encontre de cette théorie questionnable, les objections montrant, par exemple, une manipulation cynique des fluctuations climatiques pour escamoter un brusque réchauffement médiéval impossible à attribuer aux gaz industriels,*10 sont tout simplement balayés. Nous avons désormais dépassé le stade des hypothèses et de la discussion raisonnable  pour entrer dans un processus de croyance et de persuasion aux mains des spin doctors qui fabriquent l’agenda et le plan média de la « gouvernance globale ». On oublie même que jusque vers la fin des années 1970, les climatologues, influencés par l’apparition de quelques rudes hivers, prédisaient que nous avancions à grands pas vers un nouvel âge glaciaire.

Le plus grave dans cette affaire n’est pas, contrairement à ce qu’en pense Claude Allègre (2007, op. cit.), que la thèse du réchauffement global suscite « une écologie de la peur et du déclin » nuisible à « l’écologie moteur de la croissance » qui a ses faveurs, mais que cette récupération, cette monopolisation du souci écologique par  les grands de ce monde et leurs puissants alliés industriels, est le meilleur moyen de l’anesthésier et de l’enterrer. « Ne vous occupez pas du sort de notre planète, on s’en occupe pour vous ! » : c’est le nouveau slogan de Big Brother (ou Big Mother, comme l’appellent judicieusement Michel Schneider et Philippe Forget*11) qui redoute plus que tout la fatigue de la société de consommation, l’épuisement de l’utopie de la croissance infinie, et l’apparition d’une pensée de la décroissance susceptible d’encourager la résistance à l’agression publicitaire.

Ainsi, en discourant sur l’ozone des hautes sphères, on « oublie » d’agir vite contre celui qui empoisonne les basses couches atmosphériques dans les périphéries urbaines toujours plus étendues. Même chose pour le CO2 et les poussières toxiques qui fabriquent dès aujourd’hui des millions d’asthmatiques, tuent des milliers d’enfants en bas-âge et contre lequel on ne nous demande que de réduire un peu la vitesse de nos automobiles de temps à autre. Même chose pour la dioxine de nos innombrable déchetteries industrielles, les marées noires qui ensevelissent nos rivages, etc.

Big Mother déteste les rébellions et les révolutions. En Amérique latine, Hugo Chavez et Evo Morales qui veulent lui reprendre leurs biens ancestraux, ne sont pas ses amis. Et nous ne le serions pas non plus si nous décidions de reconquérir notre droit à l’air pur dans les grandes villes. C’est pourquoi il tente de nous distraire avec des plans sur la comète, avant que nous ayons la mauvaise idée d’aborder les sujets qui fâchent hic et nunc et qui tuent (comme ces maladies nosocomiales, véritables plaies de nos hôpitaux, comme l’air irrespirable de nos villes, les rivières empoisonnées par l’agriculture intensive, comme tant d’autres carences de nos sociétés hyper-développées).

La fable du développement durable

La principale fonction de la société du spectacle pour ses critiques (Guy Debord, Jean Baudrillard, Christopher Lash) comme pour ses thuriféraires (Gilles Lipovetsky et, de manière plus nuancée, Régis Debray) est le divertissement, la distraction, deux synonymes qui peuvent s’entendre au sens superficiel du simple détournement de regard, du cinéma où l’on va, que l’on se fait et que l’on nous fait, pour nous aider à oublier temporairement la réalité peu amène que nous sommes contraints d’affronter quotidiennement. Obligations, soucis, stress, conflits ne sont pas pour autant ignorés, mais seulement mis entre parenthèse, l’espace d’une soirée, d’un week-end ou de brèves vacances pour les retrouver dans de meilleures dispositions après la pause. Drogue douce et naturelle, sans dépendance qu’on ne saurait trop recommander avec Henri Salvador, aux « prisonniers du boulot » pour les aider à « faire de vieux os ».

Mais il est une autre signification, beaucoup plus pernicieuse au di-vertere et au dis-trahere : le détournement du sens qui caractérise précisément l’imposture médiatique. De la même manière que ce n’est pas parce qu’il y a du terrorisme dans le monde (encouragé entre autres par les États qui refusent d’en reconnaître les racines politiques) que l’on doit sauter à la conclusion du complot terroriste international commandité ou armé par certains États désignés à la vindicte publique parce qu’ils n’exécutent pas les quatre volontés des policiers planétaires occidentaux. Le même raisonnement peut s’appliquer à toutes les généralisations hâtives tirées de constatations locales. Tout comme une hirondelle ou un recul des glaciers ne fait pas le printemps planétaire éternel, la croissance explosive d’une partie de l’Afrique et de l’Asie (tempérée aujourd’hui par toutes sortes de phénomènes cruellement compensateurs : guerres récurrentes, conflits civils et tribaux endémiques, enfants-soldats, émigration, déportations, famines, pandémies, élévation du taux de mortalité dans le foisonnement anarchique des bidonvilles et des camps de réfugiés, diffusion des pratiques de contraception artisanales ou sophistiquées) ne permet pas de crier au loup de la surpopulation globale alors même que la plus grande menace pour l’Europe, selon la plupart des spécialistes, réside dans son déclin démographique sans précédent.*12 Situation préoccupante que les Européens ne surmonteront, éventuellement, qu’en prenant conscience des enjeux et des avantages collectifs, de l’indispensable fontaine de lien social  qu’est  la famille nombreuse au lieu de se réfugier dans l’individualisme stérile du dernier homme (Nietzsche) sous le prétexte fallacieux d’un trop-plein d’humanité.

Autre imposture majeure, parmi les plus répandues ces derniers temps : la notion de développement durable, ersatz du progrès indéfini qui, comme ses confrères en utopie, a fini par lasser à force de ne pas tenir ses promesses. Pourtant, ce réchauffé de la même soupe ne devrait pas faire illusion bien longtemps chez les milliards de victimes de la « croissance » dont les miracles se font toujours attendre. Voici ce qu’en dit un spécialiste de l’Institut universitaires d’études du développement (Genève) :

« Le développement durable n’est qu’une vaste supercherie sémantique pour faire croire (encore !) que la croissance économique est conciliable avec le respect de la nature et des limites qu’elle impose. On se borne à polluer (un peu) moins, pour polluer plus longtemps. Alors qu’un enfant de cinq ans comprend qu’un développement infini dans un monde fini est impossible. La recette du développement est très simple : pour assurer la croissance, il suffit d’exploiter et de dilapider le patrimoine commun à l’humanité : les ressources naturelles non (ou lentement) renouvelables, le pétrole, les forêts, les minerais, les poissons des mers, l’air ou la terre (bétonnée). D’où l’urgence de sortir du développement et de songer à la décroissance. Mieux vaut s’y préparer librement que d’y être contraint par les catastrophes écologiques qui s’annoncent. On le sait, mais on n’y croit pas. Pourquoi ? »*13

Parce que cet éphémère personnage qu’est l’homo occidentalis n’a pas vu sa onzième heure venir, tout absorbé qu’il est dans sa fuite en avant. Il n’entend pas encore les grincements de la machine qui l’isole du monde extérieur, ni le cri des vautours prêts à fondre sur lui, ni la révolte des déçus et des exclus inévitables de la croissance, des pauvres à qui l’on a fait croire qu’ils sortiraient de leur misère, des esclaves déchaînés parce qu’ils sont toujours enchaînés plus d’un siècle après la soi-disant abolition de l’esclavage*14.

Nous ne perdrons pas de temps à spéculer sur les possibles conséquences de cet autisme prolongé, sur les catastrophes annoncées et les batailles perdues d’avance que nos dirigeants nous incitent à mener en faveur d’une croissance soutenue, ponctuée de « mesurettes » écologiques et de marées noires épisodiques (pétrolières et humaines). Notre objectif n’est pas de faire l’état des lieux du déclin de l’Occident, mais de souligner la vacuité du discours mystificateur, ce « tout va très bien Madame la marquise », qui incite le bon peuple à prendre les Messies pour des lanternes (en demandant pardon pour cette légère déformation du dicton).

Les formes du nihilisme contemporain : 
déproblématisation du réel et mutation des enjeux 

Nous disions plus haut que l’imposture médiatique commettait un attentat contre le sens, qu’elle frelatait la réalité des êtres, des choses et des enjeux. C’est aussi l’avis de Marie-Dominique Perrot, enseignante à l’IUED de Genève :

« (…) la langue mondiale, la seule capable, tel un prestidigitateur, de faire apparaître cet étrange objet imaginaire qu’est un consensus à l’échelle planétaire, obtient un résultat au prix d’un sacrifice exorbitant arraché au langage. Celui de renoncer au sens, de faire comme si les acteurs sociaux n’existaient pas, de prétendre que l’invraisemblable a même valeur que l’expérience, que le " n’importe quoi " convient mieux que le rien qu’il recouvre et que le mépris de l’intelligence que supposent ces procédés est à ignorer comme tel (…) Pour être consensuel, un texte ne doit traiter ni des causes des phénomènes ou des événements, ni surtout des acteurs, car le risque serait d’avoir à les nommer (…) Il y a des questions apparemment toutes simples qui débouchent sur des problématiques complexes. C’est précisément ce qu’un texte consensuel se doit d’éviter à tout prix puisque sa mission consiste à déproblématiser le réel pour le rendre consommable par n’importe qui. Mission impossible car le parler mondial, tout mondial qu’il prétende être, est pourtant culturellement marqué. L’auditoire universel comme tel n’existe pas, il correspond à une vue (ethnocentrique) de l’esprit. » *15

Il ne s’agit, ici, ni d’accepter ni de rejeter la « mondialisation », mais d’en reconnaître les limites et ne plus se laisser berner par les discours consensuels qui prétendent la justifier ou la décrypter, qui prétendent, avec l’imposture de la « gouvernance globale », savoir ce qui est bon et juste pour toute la planète, rien de moins ! *16 L’imposture médiatique est sans doute le dernier refuge d’une idéologie économiste assiégée qui s’abrite encore derrière le mur de Berlin de ses croyances utopiques en un grand marché mondial équitable et apaisé sous la surveillance de Big Mother et de ses missiles pointés vers les récalcitrants. Il faut la débusquer partout où elle nous est imposée comme un discours sensé, remettre en jeu les forces en présence, les rapports sociaux et géopolitiques, les confrontations présentes et à venir, réinformer les peuples désorientés, ne pas craindre la vigueur du langage lorsqu’il est juste, comme ce cri du cœur d’une journaliste libanaise :

“ George Orwell écrivit un jour : « En ce temps de duperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ». Or il suffit de parcourir les journaux - de gauche ou de droite, si on en distingue encore la différence - pour se rendre compte qu'il s'agit sans vergogne de proxénétisme médiatique. Et les télévisions ? Des lupanars qui turbinent sur le trottoir de la globalisation. Les sacro-saints journaux télévisés sont avalés, ruminés et digérés sans scrupule! La masse s'engraisse en liesse des bassesses, mensonges et vulgarités proférés par tous les mass médias. Et tout semble bien aller  vers le pire ! ” *17

Comme on peut s’en douter, ce n’est pas dans l’espace médiatique (que Jürgen Habermas a parfois tendance à confondre avec l’« espace public » parce qu’en régime libéral, comme dans tous les totalitarismes, le premier tend effectivement à supplanter le second) que la révolution de la vérité réclamée par Orwell peut avoir lieu, mais sur son pourtour, partout où une pensée s’accorde le temps de la réflexion et s’ouvre au débat, dans les revues, les livres intelligents et sur un petit nombre de nouveaux médias (notamment des sites Internet) qui s’élèvent au-dessus du conformisme ambiant.

La médiasphère toujours soucieuse, quant à elle, d’enrégimenter les foules vers le prêchi-prêcha émanant des pouvoirs établis, veille à l’assoupissement permanent de l’esprit critique. Sa logique nihiliste, sa négation du fondement politique des communautés humaines, reste celle de la distraction comme détournement du sens et mutation des enjeux. Même et surtout lorsque le média de masse prétend servir des informations objectives à ses consommateurs.  Média-mensonges,  langue de coton ou soft-idéologie*18 et imposture rhétorique font de plus gros dégâts chez les lecteurs du Monde ou du Figaro que chez ceux de Paris-Match, parce que l’enrobé d’objectivité dont on les recouvre les dissimule mieux que les crudités d’une recherche avouée de la sensation.

 

http://www.esprit-europeen.fr    * jacques.marlaud@esprit-europeen.fr

*Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lyon

 Article rédigé pour le Cercle de Recherches et d’Études Métapolitiques (CRÉM)


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Notes

*1  Ces deux média-mensonges étaient sur le point d’acquérir la stature d’une nouvelle affaire Carpentras (1990), avec l’appui d’un énorme battage médiatique augmenté de l’écho immédiat de la présidence de la République et des ministres les plus médiatisés (Nicolas Sarkozy), lorsque les baudruches ont été rapidement dégonflées. On en retrouvera une recension honnête sur le site de réinformation Acrimed (action-critique-médias : http://www.acrimed.org/).

Par ailleurs, une récente enquête d’Europol sur la menace terroriste en Europe pour l’année 2006 montre que les attentats imputables aux islamistes sont beaucoup moins nombreux sur le territoire de l’Union européenne que ceux des terroristes indépendantistes, anarchistes ou d’extrême-gauche.

*2 « La démonisation d’Al-Qaïda est bien pratique. Superbe invention médiatique, griffe de haute couture sécuritaire, affiche consensuelle pour chasseurs de primes d’un autre âge, propagande grossière mais efficace : si Al-Qaïda n’existait pas, il faudrait l’inventer (…) Ben Laden, à la fois mort et vivant, est derrière chaque explosion de bombe inexpliquée (…) Le fantasme d’une Al-Qaïda planétaire et pyramidale, celui d’un orchestre vert ou d’une internationale en tous points conforme à celle du Komintern, est en train de justifier le plus grand redéploiement militaro-stratégique américain effectué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (…) Pour l’empire américain, il est important que la mythologie Al-Qaïda  perdure. Pour survivre, l’empire a besoin d’un ennemi à sa taille et de faire la guerre : une guerre sans fin. »

Richard Labévière, « Al-Qaïda, l’ennemi mythologique », Le Figaro, 24 novembre 2003. Du même auteur : Les dollars de la terreur, Grasset, Paris, 1999 et Les coulisses de la terreur, Grasset, Paris, 2003.

L’an dernier, des généraux américains ont reconnu que le personnage d’Al-Zarkaoui, soi-disant chef d’Al-Qaïda en Irak avait été une invention psychologique réussie de la propagande états-unienne (Washington Post, 10 avril 2006, Réseau Voltaire, 12 juin 2006).

*3 Pour revoir le 11 septembre autrement : http://www.reopen911.info/

Pour le soutien des États-Unis à Ben Laden  http://www.esprit-europeen.fr/lectures_ldv#brzezinski.html

Thierry Meyssan, 11 septembre. L’effroyable imposture, Éditions Carnot, Paris 2002 (réédition, éd. Demi-lune, Paris 2007)., L’effroyable imposture 2, Éditions Alphée, Jean-Paul Bertrand, Monaco, 2007.  http://www.effroyable-imposture.net/

Plusieurs auteurs ont critiqué Thierry Meyssan (Fiametta Venner, la revue Politis…), mais il s’agit essentiellement de tentatives de disqualification ad hominem. Personne ne tente sérieusement de réfuter ses hypothèses dérangeantes. On le traite d’imposteur, de négationniste et même de salaud, ce qui tend à prouver que ses « vérités » blessent, alors qu’elles n’ont pas encore obtenu le sceau de la certitude.

Jürgen Elsässer, Comment le Djihad est arrivé en Europe,  Éditions Xenia, Vevey, 2006. (Ndlr, Réponse : grâce à ses commanditaires états-uniens, saoudiens et pakistanais et leurs complices européens).

Sur le thème du terrorisme d’État, les livres de Gordon Thomas sur les services secrets israéliens ( Mossad) fourmillent de croustillantes révélations (assassinats ciblés, espionnage et enlèvements de personnalités désignées comme des ennemis à travers le monde): 1) Histoire secrète du Mossad de 1951 à nos jours, Presses de la cité, Paris, 1999 (réédition : Nouveau Monde, Paris, 2006) ; 2) Mossad. Les nouveaux défis, Nouveau Monde, Paris, 2006.

Dans son livre Les armées secrètes de l’Otan (cf. http://www.voltairenet.org/article144415.html ) Daniele Ganser, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bâle décrit les attentats « sous faux drapeau » commis par des milices secrètes, souvent venues de l’extrême droite anti-communiste, dans le cadre d’une « stratégie de la tension » élaborée par l’OTAN pour empêcher que l’Italie ne devienne communiste. L’attentat perpétré dans ce but à la gare de Bologne en 1980 fit 85 morts.

On ne peut exclure que la surenchère à l’attentat qui agite périodiquement la bonne ville de Londres depuis quelques années, n’entre dans le cadre d’une stratégie de la tension. Dans un récent article, le journaliste parisien Jean-Michel Vernochet suggère que les attentats manqués, ou réussis, de Londres et de Madrid, ces derniers temps, portent la marque de la provocation étatique : http://www.esprit-europeen.fr/perspectives_desintox_vernochet.html .

Dans les années 1990 on apprit que le mouvement terroriste espagnol GAL qui assassina 24 Basques présumés membres de l’ETA vers le milieu des années 1980, agissait sur ordre du gouvernement socialiste espagnol avec la complicité, pas toujours passive, du gouvernement français.

En ce qui concerne la France, les vendeurs de mèche du terrorisme d’État sont , entre autres, le capitaine Paul Barril : Guerres secrètes à l’Élysée, Albin Michel, Paris, 1996 et l’avocat Jacques Vergès (à voir notamment le récent filme documentaire de Barbet Schroeder à propos de ce dernier : L’avocat de la terreur). Instructif également : Roger Faligot et Jean Guisnel (sous la direction de) : Histoire secrète de la Ve République, La Découverte, Paris, 2006.

Voir également le n° 123 de la revue Éléments (Hiver 2006-2007) : « Terrorisme. Pourquoi ça ne fait que commencer ».

*4 Nous avons récemment suggéré comme piste de réflexion l’hypothèse dérangeante que la terreur contemporaine, celle des terroristes, mais aussi celle des missionnaires totalitaires de toute obédience religieuse ou idéologique, y compris son émanation la plus récente,  l’ homo œconomicus du totalitarisme du marché imposé par le libéralisme, summum du rationnalisme calculateur et conquérant auquel Martin Heidegger (« Sérénité » in Questions IV) oppose le souci de l’être, la pensée méditante des cultures traditionnelles, était inhérente à la civilisation occidentale au point qu’on est fondé à qualifier celle-ci de « civilisation terroriste » : 
cf. Jacques Marlaud, « Choc des civilisations où résistance à la civilisation terroriste ? » in Interpellations. Questionnements métapolitiques, Dualpha, Paris, 2004. 

*5 Démonstration confirmée par Dominique Lorentz, Affaires atomiques et Secrets atomiques, Les Arènes, Paris, 2001 et 2002, mais déjà faite depuis longtemps : cf. Roland Jacquard, Le dossier noir de la bombe A, Carrère, Paris, 1986

*6 Étienne Balibar et al., Antisémitisme : l’intolérable chantage. Israël-Palestine, une affaire française ?

Au chapitre encore tabou de la surenchère à l’antisémitisme et à l’antiracisme qui tétanise tout débat honnête sur la question juive aujourd’hui et, plus généralement, sur la personnalité, l’« âme » des peuples, outre le livre du géopolitologue Pascal Boniface (Est-il permis de critiquer Israël ?, Robert Laffont, Paris, 2003), on pourra lire les courageuses réflexions d’Edgar Morin (Le monde moderne et la question juive , Éditions du Seuil, Paris, 2006), de Renaud Camus (Le communisme du XXIe siècle, Éditions Xenia, Vevey, 2007) et de Jean Robin (La judéomanie. Elle nuit aux Juifs. Elle nuit à la République, Éditions Tatamis, Paris 2006).

*7 Jacques Marlaud, « Le tsunami et la virtualisation de l’information »,  http://www.grece-fr.net/textes/_txtWeb.php?idArt=438  ; http://www.comedonchisciotte.net/modules.php?name=News&file=article&sid=55

*8 « Des chercheurs britanniques ont annoncé, vendredi 10 aout, dans la revue Science, que le réchauffement climatique se fera sérieusement sentir à partir de 2009. Cette date a pu être obtenue grâce à des simulations d’un programme informatique qu’ils ont eux-mêmes développé, estimant les modèles existants peu satisfaisants… » lemonde.fr, 10/08/07. 

*9 Étude japonaise citée par Joël Ignasse (Sciences et avenir.com) 19/07/08. L’étude tient compte, entre autres, pour parvenir à cette déroutante critique du carnivore civilisé, des flatulences des bœufs et de l’énergie consommée pour transporter la viande. 

 *10 Entre autres : Augustin Vidovic : « Le réchauffement global du climat, rien qu’une bulle d’air chaud ? » sur http://www.polemia.com/create_pdf/index.php?cat_id=32&iddoc=1493 ; Bernard Lugan, «  La fable du réchauffement climatique. Entretien avec Marcel Leroux » in La Nouvelle Revue d’Histoire n° 31, juillet-aout 2007 ; Marcel Leroux, Global warming, Myth or Reality, Praxis-Springer, Hambourg,  2005 ; Claude Allègre : Ma vérité sur la planète, Fayard, Paris, 2007.

*11 Michel Schneider, Big Mother, Psychopathologie de la vie politique, Odile Jacob, Paris, 2002.

 

Philippe Forget, « République laïque ou république métissée. Confusion des mots et neutralisation des peuples. », http://esprit-europeen.fr/etudes_metapo_forget.html

*12 Le politologue américain Walter Laqueur, conseiller honoraire du Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, résume l’évolution démographique actuelle du vieux continent en ces termes saisissants : 

« L’Europe rétrécit depuis quelques décennies. Les démographes français s’en sont rendus compte, tout comme les Allemands (Herward Birg par exemple. Mais qui les écoute à part leurs collègues ? L’Europe a cessé de se reproduire. Certains pays rapetissent rapidement (La Russie par exemple et aussi l’Italie, mais toutes les sociétés européennes vieillissent beaucoup. Dans une cinquantaine d’années, les États-Unis dépasseront les 400 millions d’habitants tandis que la population de l’Europe sera plus petite que celle du Pakistan, et peut-être que celle du Nigéria. Qui travaillera dans les usines européennes ? Quels soldats serviront dans les armées européennes — des gens de quarante ans et plus ? Cette tendance a des conséquences politiques et économiques : la position de l’Europe dans le monde sera moins importante. D’après les statisticiens des Nations Unies, la population du Yémen dépassera celle de la Russie avant la fin du siècle. Cette prédiction pourrait s’avérer fausse, mais en tout cas, la population de la Turquie sera supérieure. Où seront alors les frontières de la Russie ? Certainement pas où elles sont aujourd’hui. La Russie sera-t-elle capable de garder ses territoires de Sibérie et d’Extrême-Orient ? »

Walter Laqueur, The Last Days of Europe: The Changing Face of a Continent ( à paraître en 2007). Entretien accordé à Dieter Farwick, rédacteur en chef de la World security Network Foundation, à Washington D.C. le 3 janvier 2007.

*13 Gilbert Rist « Faut-il sortir du développement ? », entretien avec Gilbert Rist et Christian Comeliau recueilli par Éric Tariant , TGV magazine, juillet 2007. Pour approfondir le sujet : Gilbert Rist, Le développement. Histoire d’une croyance occidentale,  Presses de Sciences Po, Paris, 2001.

*14 On pourra lire à ce sujet l’ouvrage démystificateur de Françoise Vergès, Abolir l’esclavage : une utopie coloniale. Les ambigüité d’une politique humanitaire, Albin Michel, Paris, 2001, dans lequel ce professeur en sciences politiques à l’Université de Londres souligne la convergence entre le discours abolitionniste de la fin du XIXe siècle et le discours humanitaire d’aujourd’hui à l’égard de l’Afrique qui met en scène des victimes, supposées innocentes ou non consentantes, des exploiteurs, supposés cyniques, et des bienfaiteurs dont les motivations humanitaires sont supposées être désintéressées bien qu’elles leur confèrent un ascendant moral sur les populations à libérer et sur les utilisateurs de main d’œuvre non- ou sous-payée.

*15 Marie-Dominique Perrot, Mondialiser le non sens, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2001.

*16 « La mise à mort de la démocratie. C’est ce qu’ils appellent la gouvernance… », Éléments, n°124, Printemps 2007. Recension disponible sur : http://www.esprit-europeen.fr/lectures_esdr.html#elements124

*17 Jacqueline Amidi, Beyrouth, 31 mai 2007

Citation reprise de Jean-Michel Vernochet (04/07/07) : http://www.esprit-europeen.fr/perspectives_desintox_vernochet

*18 François-Bernard Huygue, La langue de coton, Laffont, Paris, 1991. François-Bernard Huygue et Pierre Barbès : La soft-idéologie, Laffont, Paris, 1987.  Jacques Marlaud, « La Signaléthique, stade ultime de la morale occidentale » (1998), in Interpellations.Questionnements métapolitiques, op. cit. Voir aussi le dossier du site polemia.com consacré à la « Tyrannie médiatique » (2006) (http://www.polemia.com/pdf/LaTyranniemediatique.pdf), et Pascal Durand, Les Nouveaux Mots du pouvoir. Abécédaire critique, Aden, Bruxelles, 2007.

http://www.esprit-europeen.fr    * jacques.marlaud@esprit-europeen.fr


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