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Études  Métapolitique Sommaire

Réflexions autour de la pensée orwellienne


1) George Orwell : la guerre et ses mensonges
2) L'orchestre invisible
3) Idées pour un complément des slogans en novlangue (2010)
4) Dominer grâce à la corruption et au divertissement



1 ) George Orwell : La guerre et ses mensonges

Gustave Lefrançais

    "Comment dé-mêler le vrai du faux dans le soulèvement de Varsovie en août 1944 ? Ce que l’on raconte des fours à gaz allemands en Pologne est-il vrai ? Quelle était la cause véritable de la famine au Bengale ? Il est certainement possible de dé-couvrir la vérité mais les faits sont présentés de façon tellement malhonnête dans presque tous les journaux que le lecteur moyen est pardonnable aussi bien de gober le mensonge que de ne pas pouvoir se faire d’opinion. L’incertitude ambiante quant à la réalité des événements favorise l’attachement désespéré à des convictions absurdes. De la sorte et puisque l’on ne peut jamais prouver ou réfuter quoi que ce soit, ce qui est le plus indubitable peut tout à fait se voir effrontément nié."

Georges Orwell, Notes sur le nationalisme, écrit en mai 1945
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    Orwell et ses camarades de la colonne ouvrière qui dans la région de Huesca (1937) luttaient comme des millions de prolétaires d’Espagne pour l’émancipation de l’être de l’homme et donc contre toutes les domestications politiques de la marchandise, qu’elles  viennent de  droite, du centre, de gauche ou d’ailleurs…




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    Concernant l’actuelle mode orwelliste qui voit tous les thuriféraires du spectacle critique faire aujourd’hui obstacle massif à une véritable critique du spectacle de la marchandise en tant que telle , il convient sans cesse  de rappeler que la common decency sur laquelle insiste avec tant de justesse Orwell est pour paraphraser Marx, d'abord et avant tout une activité pratique-critique puisque la discussion sur la réalité ou l'irréalité d'une pensée qui s'isole de la pratique, est d'emblée et purement la scolastique de l’illusoire.

    Orwell participe, en homme d'action, aux affrontements de Barcelone en mai 1937 entre les troupes gouvernementales de l'imposture démocratico-républicaine et les prolétaires barricadiers. C'est de là que vient substantiellement son aversion aboutie pour tous les jeux gouvernementalistes de la servitude.

    1984 et la récusation méthodique de la novlangue politiste sont ainsi directement inspirés de l'expérience de Barcelone et de l'horreur du télécran spectaculaire par lequel le pouvoir de l'économie politique reproduit toujours la domestication de l'être.

    Le common sens des insurgés de Barcelone voulait faire surgir une communauté humaine débarrassée de l'économie et de la politique. Le common sens à la sauce réformiste du spectaculaire critique ne peut, lui, aller plus loin que vers une nouvelle version de politique économique de fausse humanisation mais de vraie servitude.

    Les actuelles légions médiatico-universitaires de bavardeurs orwellistes qui ont oublié à la fois la radicalité de l’être et le
sens des barricades de mai 37 renferment certes parfois d’honnêtes hommes mais par delà toute leur bonne foi innocente, la place de ceux qui se posent en intellectuels ( dupliquant ainsi la séparation chosifiante du travail!) ne peut aboutir qu'à reconduire le travail chosifiant de la séparation...C'est pourquoi, en récusation de toutes les errances réformistes qui veulent aménager et déguiser le monde de l'avoir, l’Eric Arthur Blair de Barcelone a souligné cette chose essentielle que celui qui ne récuse pas  absolument  et définitivement  la domestication politique ne peut produire autre chose qu'une ultime variante éthiste du mensonge marchand: la mystification de l'État décent.
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« La guerre, c'est la paix. »
« La liberté, c'est l’esclavage. »
« L'ignorance, c'est la force. »

Georges Orwell, 1984, écrit en 1948

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2) L'orchestre invisible
Daniel L. et le parti pirate

“Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables“. – Raoul Vaneigem

“Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmés !”– Brice Hortefeux. (Le lendemain, LeMonde.fr publiait la vidéo de son dérapage sur les arabes…)

“Jusqu’à présent, ne pas être fiché signifiait une présomption d’innocence. Aujourd’hui, exister « sans trace » fait de vous le premier suspect.”– François Ewald, professeur au Conservatoire des arts et métiers.

“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde orwellien.” – Alex Türk, président de la CNIL

Si nous sommes observés en toute occasion, nous sommes en permanence menacés de correction, de jugement, de critique. Nous devenons des enfants, emprisonnés par les yeux qui nous surveillent, craignant en permanence que – maintenant ou plus tard – les traces que nous laissons nous rattraperont, par la faute d’une autorité quelle qu’elle soit qui porte maintenant son attention sur des actes qui étaient à l’époque innocents et privés. Nous perdons notre individualité, parce que tout ce que nous faisons est observable et enregistrable.”– Bruce Schneier

“Au début, les gens avaient très peu d’inhibitions, et adoptaient des pratiques très risquées. Nous en sommes un peu à ce stade, en matière de partage de données. Avec le temps, les gens ont appris que ce n’était pas sans danger.”– Ravi Sandhu

“La géolocalisation en temps réel, c’est un truc qui fait un peu peur à tout le monde. Et pourtant, vous n’y échapperez pas. Surtout vos enfants. Car cette technologie est déjà bien avancée et il n’y a aucune raison que les plus jeunes n’y trouvent pas une utilité sociale.”–Matthieu Josse

“Le propre des normes modernes, et c’est ce qui caractérise le passage progressif de la société disciplinaire décrite par Michel Foucault (…) à la société de contrôle (…), est que ce sont les individus qui doivent s’imposer eux-mêmes non seulement le respect, mais l’adhésion aux normes (…). Le pouvoir prend, dans la société moderne, la forme d’offres de services ou d’actions incitatives bien plus que de contrainte.”– Gilles Deleuze

Avec la multiplication des « alternatives à la prison » (le bracelet électronique, par exemple) et des mesures de contrôle (fichage, biométrie), on assiste plutôt à l’avènement d’une seconde forme d’enfermement hors les murs.

“Ceux qui n’hésitent pas à adopter, et utiliser, les technologies qui minent l’ancien modèle de vie privée ont énormément à apprendre à ceux qui craignent de voir leurs mouvements, habitudes alimentaires, amitiés et manière de consommer les médias être accessibles à tous.

Les utilisateurs de Twitter, Tumblr et autres outils de réseaux sociaux partagent plus de données, avec plus de gens, que le FBI de Hoover, ou la Stasi, n’auraient jamais pu en rêver. Et nous le faisons de notre propre chef, espérant pouvoir en bénéficier de toutes sortes de manières.”– Bill Thompson, BBC

“Edvige stocke par principe de soupçon, sans nous demander notre avis ; les individus en réseau font des mêmes informations “sensibles” (et de bien d’autres qui le sont souvent moins) un usage stratégique, pour se construire eux-mêmes dans la relation aux autres, pour apparaître au monde sous un jour qu’ils auront au moins partiellement choisi. Du point de vue qui compte, celui des individus, de leur liberté et de leur autonomie, tout oppose donc les deux démarches !”

“Et si, à l’époque des réseaux, l’enjeu était de passer d’une approche de la vie privée conçue comme une sorte de village gaulois – entouré de prédateurs, bien protégé, mais qui n’envisage pas de déborder de ses propres frontières – à la tête de pont, que l’on défend certes, mais qui sert d’abord à se projeter vers l’avant ? Il n’y aurait pas alors de “paradoxe”, mais un changement profond du paysage, des pratiques, des aspirations”.– Daniel Kaplan

“Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La CNIL ne nous met pas des bâtons dans les roues. Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou : les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas.”–Communication au Congrès des Détectives Privés

source : Le parti pirate

(Bien entendu, tous les adhérents à ce parti ont le droit le plus strict de demander à consulter leur dossier aux Renseignements Généraux)

Pour ceux que cette cacophonie de citations n’a pas totalement assommés, je propose la lecture éclairante d’un petit texte peu connu de Michel Houellebecq, Le Théâtre du Monde. Cela ne pourra que renforcer les sentiments que vous portez sur cet auteur (répulsion tenace, admiration éperdue ou indifférence absolue, « c’est vous qui voyez »)


 
3)  Idées pour un complément des slogans en novlangue (2010) - JM


La pub, c'est l'information

La consommation, c'est le bonheur

Positivons avec Carrefour

L'endettement c'est la richesse     

Travailler plus pour gagner plus

Gagner plus pour être libre

Gagner (Tapie)

Vu à la télé = digne de confiance

La vie c'est la croissance (et inversement)

L'homme n'est pas une marchandise comme les autres

La croissance revient, le niveau monte...

La démocratie règne toujours chez nous

La tyrannie prévaut toujours chez nos ennemis

Les armes de destruction massive sont toujours fabriquées par nos ennemis

Il n'y a qu'un seul véritable, indiscutable génocide dans toute l'histoire de l'humanité

Nos guerres sont toujours justes

L'OTAN protège la France et l'Europe

Nos petits gars sont envoyés au casse-pipe en Afghanistan pour défendre notre liberté contre les terroristes




Aux côtés des
États-Unis, nous allons en Irak, en Afghanistan, au Kosovo... bientôt peut-être en Iran pour libérer les peuples des tyrans qui les oppriment

Israël est un État pacifique, qui ne fait que se défendre, respecte les conventions internationales, n'occupe pas la Palestine et accorde tous leurs droits à ses habitants

Les États-Unis sont les plus fidèles alliés de la France et de tous les États européens

La mondialisation de nos économies est le destin

L'accumulation des capitaux transnationaux sert l'intérêt général de tous les peuples

 Les résistants au nouvel ordre mondial sont soit de doux utopistes, soit des dangereux terroristes

Le révisionnisme historique n'est pas une recherche, ni une opinion, c'est un délit !






4) Dominer grâce à la corruption et au divertissement
 
Daniel L.

Richter


1.        Si le remarquable Haïti : économie politique de la corruption : L'ensauvagement macoute et ses conséquences (1957-1990) de Leslie-J-R Péan a opportunément disparu des librairies, il nous reste heureusement Die hohe Kunst der Korruption.

2.        C’est un livre (Le grand art de la corruption, 1996, non encore traduit en français), de Horst-Eberhard Richter, psychanalyste et directeur de l'Institut Sigmund Freud de Francfort, qui y démontre de manière systématique comment la corruption est l’instrument de contrôle indispensable pour la classe dominante.

3.        Richter appelle ouvertement à la réhabilitation de la corruption en tant que méthode légitime et rapporte qu’il a dirigé des séminaires de formation à l’ars corrumpendi pour cadres et hommes politiques. Il affirme : « Qui veut gouverner doit corrompre. L’interaction entre l’ars corrumpendi et la docilité des corrompus crée et maintient l’ordre. » Comme l’oligarchie (l’élite qui dirige véritablement la société) ne représente qu’un nombre très restreint d’individus, il n’est pas si difficile d’organiser pour elle une formation discrète sous forme d’instruction individuelle ou de petits séminaires.

4.        Il recommande l’utilisation des « parangons de corruption » comme modèles, citant Machiavel selon lequel le corrupteur doit être convaincu que ceux qu’il corrompt le sont tous de manière latente. Si jamais il les croit capables de sincérité, de justice et d’amour pour l’humanité, alors il a perdu la partie. Dans l’histoire humaine, écrit-il, se manifeste inlassablement le désir d’une société utopique de douceur et d’amour. Même un politique ou un homme d’affaires de haut niveau peut parfois être contaminé par ce virus et c’est alors une catastrophe totale » (sur l’échelle de Richter, sans doute !!).

5.         Dans les séminaires qu’il dirige, Richter s’efforce de faire changer ces personnes afin qu’elles terminent la session en égocentriques avides de pouvoir, en arrivistes sans scrupules. Pour que l’entraînement psychologique réussisse, il faut, selon lui, fournir une légitimation « scientifique » et pour cela, il est essentiel de se débarrasser de l’idée gênante de conscience qu’il considère comme une construction de l’esprit complètement artificielle. Il en veut pour preuve que le petit enfant n’a pas de conscience ; il arrache les pattes des mouches et se comporte souvent en destructeur. (signalons qu’un autre des ouvrages de Richter est disponible : http://www.amazon.fr/Moi-Christiane-ans-droguée-prostituée/

6.        Horst-Eberhard Richter ajoute : « Les objectifs de notre société - l’expansion, la force, l’accroissement du pouvoir - nécessitent des vainqueurs types qui incarnent ces objectifs. Mais seul peut gagner celui qui veut vaincre autrui, l’opprimer, affirmer son pouvoir et l’accroître, être craint des autres. Le mythe de la conscience signifierait, si les meilleurs d’entre nous y succombaient, la mort du progrès. »

7.         Il se dit très déçu lorsque certains de ses étudiants très doués persistent à croire qu’il existe une conscience universelle valable. Certes, il existe bien cette chose bizarre qu’est l’amour, qui découle de l’instinct fondamental pour la préservation de l’espèce, et il est plus développé chez les femmes parce qu’elles doivent prendre soin des enfants (Mais il ose espérer que l’accès des femmes à des postes de responsabilité n’est qu’un virus temporaire !).

8.         Autrefois, rappelle Richter, les élites au pouvoir savaient exactement comment se débarrasser des dangereux rebelles qui voulaient changer le monde sur la base de la conscience. Socrate a dû boire du poison pour avoir mis en danger les dogmes publics et enseigné aux jeunes une éthique de vérité. Jésus a été cloué sur la croix pour avoir enseigné l’agapê et l’amour de l’humanité »

9.        Puis il ajoute : « En politique, il n’y a pas de place pour la conscience ! Parce que cela signifie l’incapacité d’agir. A une éthique de la conscience, préférons une éthique de la responsabilité, parce que cette notion est assez élastique ». Puis, il cite Max Weber : « Aucune éthique au monde ne peut contourner le fait que, dans bien des cas, pour atteindre des objectifs nobles (...), on doit utiliser des moyens douteux ou dangereux ».

10.      On peut dire que s’il y a bien eu corruption morale, les corrupteurs l’ont fait très consciemment. Un changement de valeur(s) a en effet été imposé. Ce changement de paradigme est intervenu durant le dernier demi-siècle, depuis la Deuxième Guerre mondiale ; les gens attentifs à leur conscience intérieure, préoccupés par la vérité, voulant œuvrer pour le bien-être général, cherchant à mener une vie utile pour les autres, ont été transformés en monstres avides, uniquement préoccupés par leurs gratifications et leurs plaisirs. Pendant tout ce temps, à l’Institut Tavistock, au MIT et ailleurs, une petite élite réfléchissait à la façon de corrompre plus efficacement encore la population.

Weinberger

1.        Sir Caspar Weinberger [ancien ministre états-unien de la Défense] est co-auteur d’un livre paru en 1996 et intitulé The Next War (La prochaine guerre), dont l’introduction est de Lady Margaret Thatcher. Pour prévoir la performance des forces américaines et le résultat d’éventuelles confrontations pour les États-Unis et leurs alliés, les auteurs s’appuient sur les dernières évaluations les plus fiables des ressources technologiques de l’Amérique, de la disponibilité de ses troupes et de ses capacités de développement. Leurs scénarios sont modelés sur les simulations de guerre informatisées du Pentagone. (...) Le département de la Défense met régulièrement en scène de tels jeux informatisés, dans lesquels les États-Unis se trouvent face à divers ennemis en différentes circonstances. Il est intéressant de constater que le livre de Weinberger prévoit des scénarios de guerre contre la Corée du Nord et la Chine, l’Iran, le Mexique, la Russie et, plus surprenant, le Japon.

2.        Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procuré une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.

3.        Certains jeux incorporent des éléments de jeu de rôle, créant une intrigue avec divers personnages. A la différence des autres formes de violence médiatique, on ne se contente pas ici de regarder un film, on en est soi-même acteur. On n’est pas seulement fasciné par un Schwarzenegger criblant de balles un méchant, on appuie soi-même sur la détente. Se faire tuer est embêtant parce qu’à ce moment-là, le jeu s’arrête. Donc, pour rester maître de ce nouvel univers intoxiquant, le seul moyen c’est de tuer. L’on est censé réagir par pur réflexe et tirer avant d’avoir eu le temps de développer des scrupules.

4.        L’oligarchie cherche à détruire tout ce qu’il y a d’humain dans l’être humain. Pour cela, elle utilise certaines techniques pour induire des modifications de comportement et un lavage de cerveau, car on ne peut pas appeler ça autrement. Si les gens regardent sans cesse ces spectacles, leur esprit meurt. C’est donc une politique tout à fait consciente de la part de l’oligarchie, des maîtres de Hollywood, etc., pour déshumaniser et désensibiliser la population.

5.        Déjà en 1972, un rapport du Surgeon General [inspecteur de la santé publique] dénonçait le lien entre la violence dans les médias et le comportement violent des enfants. Il y a quelques années, l’American Medical Association constatait que la violence dans les médias constituait le plus grave problème de santé publique. Pourquoi ce fait est-il constamment nié ? L’une des raisons en est que ceux qui en parlent en sont les propres responsables : les médias nationaux et l’industrie de la télévision. Aujourd’hui, un enfant qui regarde des scènes de violence où voit son père battre sa mère, est susceptible de reproduire ces actions à l’avenir. En effet, tout ce qu’un enfant vit au cours des cinq premières années de sa vie lui laisse une empreinte très, très forte.

6.        Si tout cela est déjà effrayant, il y a quelque chose de plus dangereux encore, bien que 99,9 % des parents n’en soient même pas conscients. C’est le phénomène des Pokémon. On peut dire que c’est un véritable virus qui contamine l’esprit de millions d’enfants. Comme chacun sait, il est facile d’influencer les enfants parce qu’ils apprennent avant tout par l’imitation et le jeu. Mais que doit-on imiter dans le cas de Pokémon ? L’agression. Ce qui manque totalement, c’est l’amour, la compassion, la joie, la beauté. Le jeu est entièrement mécaniste.

7.        Le 6 décembre 1997, des centaines de milliers de jeunes japonais regardent le 38ème épisode de leur série favorite, les « Pokemon ». Au bout de vingt minutes, la scène centrale du dessin animé se déroule : Pikachu terrasse son adversaire grâce à une succession d’éclairs rouges et bleus. 11'000 jeunes japonais sont alors victimes d’un malaise, 618 doivent être hospitalisés à la suite de crises de convulsion. Selon les spécialistes, ces enfants sont atteints d’une forme d’épilepsie dite photosensible. Cette forme particulière d’épilepsie ne concerne qu’un épileptique sur vingt (Environ 0,5 à 0,8 % des enfants de 4 à 14 ans seraient concernés). Les mécanismes de déclanchement de ces crises sont encore mal compris. Selon des scientifiques italiens, ce problème s’explique par une incapacité du cerveau à contrôler ses réactions lorsque l’œil est soumis à des flashs lumineux ou à une alternance d’images très contrastées. Ces chercheurs ont d’ailleurs mis en évidence le fait que les crises d’épilepsie photosensible se déclenchent lorsque la fréquence des flashs se situe entre 4 et 14 Hertz. Ainsi, ces crises d’épilepsie photosensible ne peuvent survenir que chez des personnes ayant déjà des prédispositions. Chez les enfants épileptiques, le caractère photosensible peut être évalué grâce à un électroencéphalogramme (EEG). Mais parfois, cette forme d’épilepsie échappe à toute détection. Néanmoins, de nombreuses personnes ignorent qu’elles sont atteintes d’une épilepsie photosensible et risquent de le découvrir en regardant une émission de télévision.





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