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Cet aveu n'est qu'une admission de plus. Mais il est important, car il
sort de la bouche d'une chancelière croyante (chrétienne, atlantiste,
mondialiste-libéral et antiraciste) au cœur du courant idéologique mainstream qui
régit en ce moment les nations européennes. Il intervient à l'issue
d'un intense débat public déclenché outre-Rhin par le livre controversé
d'un éminent membre du SPD, Thilo Sarrazin, Deutschland schafft sich ab
(L'Allemagne se défait) qui a permis de montrer que 2/3 des
Allemands doutaient de la capacité du pays à absorber les populations
immigrées d'origine non européenne. La même question se pose un peu partout en Europe, notamment en France où l'immigration massive (qui n'est ni choisie ni raisonnablement contrôlée, n'en déplaise aux promesses du candidat Sarkozy en 2007), la difficulté croissante d'intégration des populations allogènes dans une société qui doute des sa propre identité anéantit les espoirs d'assimilation qui ont alimenté les discours politiques de la gauche et de la droite de gouvernement jusqu'à aujourd'hui. C'est ce qu'explique avec une remarquable lucidité au Spectacle du monde la Française d'origine algérienne, Malika Sorel, auteure d'une récente étude sur le sujet (Le puzzle de l'intégration; les pièces qui vous manquent). Celle-ci croit cependant que l'intégration des masses allogènes qui peuplent les "zones sensibles" est encore possible. Son propre parcours et son métier l'encouragent à penser ainsi, puisque depuis un an elles est membre du Haut Conseil à l'intégration. Les récentes évolutions permettent cependant d'en douter. En attendant la réponse de l'histoire, les tendances lourdes constatées, en Allemagne comme en France, combinées au climat de corruption assez répandu et à la montée des courants populistes à caractère fréquemment démagogique dans toute l'Europe, promettent d'agiter, sinon de bouleverser, les élections en perspective. |





