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La Russie est toujours en pleine mutation, instable, prête à sombrer
dans une guerre civile larvée qui réjouirait sans doute le grand rival
états-unien, mais serait une catastrophe pour l'ensemble du continent
européen. Récemment, des élections législatives ont eu lieu, qui ont vu
le recul du grand parti qui à permis à Vladimir Poutine de diriger le
pays en tant que président, puis premier ministre pendant 12 ans et de
le sortir du désordre causé par le libéralisme sauvage hérité de
l'époque eltsinienne. Plusieurs analystes, comme Alexandre Latsa, cité
ci-dessous, ne considèrent pas ce recul comme une défaite. Avec ses
alliés conservateurs, nationalistes et communistes, Russie Unie demeure
l'incontournable parti de gouvernement. La réélection de Vladimir
Poutine, le 4 mars prochain, au fauteuil présidentiel, sauf événement
imprévu d'ici-là, est acquise. Le pays traverse pourtant une crise profonde qui a vu s'accroître dangereusement le fossé entre riches et pauvres. La corruption y règne encore un peu partout. L'alcohol et la drogue font des ravages, surtout chez les hommes. La classe moyenne peine à émerger et l'on sent percer un mécontentement assez général vis-à-vis des dirigeants considérés comme relativement impuissants, d'où la désaffection des électeurs. Pourtant, grâce en grande partie au cours élevé des hydrocarbures, la croissance demeure forte (près de 5%) et l'inflation diminue. La natalité en chute libre depuis longtemps, se redresse peu à peu... Dix ou douze ans de stabilité et de gouvernement ferme ne seront pas de trop pour permettre à ce grand pays d'Europe de retrouver son rang géopolitique. C'est justement ce que craignent les adversaires de la Russie qui, par le biais de leurs ONG, financent les agitateurs et alimentent une opposition libérale artificielle, coupée du peuple (comme le parti Iabloko). On trouvera ci-dessous quelques commentaires pertinents sur la situation actuelle en Russie et les vrais enjeux, au-delà des propagandes "occidentistes" (comme les appelait Alexandre Zinoviev). Pour ceux qui veulent en savoir plus, nous recommandons vivement la lecture intégrale et attentive de l'entretien accordé par Dimitri Olchansky au Courrier de Russie —juste au-dessous des citations qui suivent. Avec beaucoup de nuances, il nous explique de façon très convaincante que pour garantir l'avenir d'une grande Russie, Poutine aurait tout intérêt à faire remonter un Tsar européen sur le trône des Romanov ! P.K.
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D.O. : Si j’étais à la place de Poutine, j’agirais autrement.

par la part archaïque de la population comme son leader. Il faudrait
que cet homme lance des réformes qui, sans être de pure forme, ne
menacent pas non plus d’attaquer le système dans ses fondements. Le
pouvoir a, en somme, besoin de quelqu’un qui jouerait le « bon juge
d’instruction ». Malheureusement, Dmitri Medvedev n’a pas pu endosser
ce rôle. Les gens à qui il voulait s’adresser n’ont pas cru en lui.
Koudrine tente aujourd’hui de réussir là où Medvedev a échoué – mais il
n’y parviendra pas non plus. Si j’étais à la place de Poutine,
j’agirais autrement.
LCDR : Et que diriez-vous du sort de l’idée socialiste en Russie ? Est-elle morte à jamais ?