Michel Collon  esprit-europeen.fr  : revue indépendante de débat et d'intérêt général européen. 

 

 

 Perspectives   DÉSINTOX   Sommaire


De l'apartheid à la polygamie, toujours les mêmes vieux mensonges pour crier au scandale

Le Point pris en flagrant délit de désinformation

Nihil novi sub sole


    La désinformation, quelle que soit sa forme (sous-information, déformation des faits, interprétations biaisées, surévaluation intéressée d'événements mineurs, mensonges invérifiables, fabrication de fausses informations... * ), est essentiellement la production d'une information intéressée, son illustration par des "cas typiques" qu'il faut trouver, exposer, analyser... et si on ne les trouvait pas, qu'il "faudrait inventer", que nos journalistes à la recherche de scoops illustratifs, en tout cas, ne se privent pas de ramasser (innocemment ou malhonnêtement) là où on peut les trouver, c'est-à-dire, fréquemment, là où on les monte de toutes pièces, juste pour eux.

 
   Dans l'Afrique du sud du temps de l'apartheid, par exemple, il était de bon ton d'illustrer sur place cet abominable régime, et comme ce n'était pas toujours facile, la presse européenne en rajoutait. On se souvient, entre autres de ces deux correspondants d'une agence de presse française qui faisaient, avec une caméra cachée, le tour des établissements réservés aux Blancs à Johannesbourg avec un cobaye noir pour filmer la manière dont on allait lui refuser l'entrée. Comme il n'existait là-bas ni Halde, ni chiennes de garde, ni SOS racisme ou autre Licra, ces vérifications de l'application d'une loi ancienne et archi-connue étaient banales sur place, mais pour la consommation intérieure à Paris où l'on enfouissait au fond des mémoires un peu trop vite "le bon temps —pas si éloigné— des colonies", elles produisaient encore leur petit effet.
    D'autres ont été encore plus loin, comme ce reporter d'une célèbre chaîne britannique sur une propriété viticole du Cap qui, ne trouvant aucune preuve convaincante de la misère ou du mauvais traitement des employés noirs, eut l'idée, à proximité d'un groupe de gamins qui lui demandaient des bonbons, comme ils le font de Rio au Caire en passant par Cape Town lorsqu'apparaissent les touristes, de les jeter dans une grande poubelle à proximité pour filmer les enfants en train de renverser et de fouiller les détritus : effet garanti à Londres où, pourtant, faire les poubelles n'est pas une pratique inconnue des clochards locaux... 
    Retour sur Jo'burg où des journaleux en manque d'ignominie vécue pour rameuter les chaumières du vieux continent contre cette citadelle coloniale déjà fort ébréchée, à qui l'on avait annoncé un véritable soulèvement en centre-ville, ne voyant rien venir, incitèrent —pourboires et friandises à l'appui— une petite foule de badauds noirs à jeter des cailloux dans les vitrines : une véritable petite émeute fut lancée de cette manière...

Dialogue imaginaire :
 "On peut vous faire un Villiers-le-Bel bis où et quand vous voulez : ça vous intéresse pour la prochaine Une ?" —D'accord coco, mais grouille-toi ! J'dis à l'équipe de nuit de préparer le matos"

    Mais revenons à nos moutons (de Panurge), ceux du Point (qu'on aurait pu aussi bien trouver à L'Express, au Nouvel Observateur, au Monde ou au Figaro...). Cherchant à boucler une livraison (celle de la dernière fin de semaine) sur le marronnier, porteur en ce moment d'excitation pré-électorale, de la libération de la parole sur le leitmotiv du "y'en a marre"...

"Y'en a marre"
des Roms qui campent et mendient (volent même parfois) partout, "y'en a marre" des émirs polygames qui vident les caisses des allocs et de la sécu, des dealers, des zones de non-droit et même de l'immigration, détabouisée provisoirement pour l'occasion (électorale)... Bref, il fallait faire vite et fort pour couper l'herbe sous Marianne et Zemmour qui monopolisent le créneau de la nouvelle parole libre, celle du fort-en-gueule (qui ne déverrouille, soit dit en passant, que ce qui ne heurte pas les intérêts  du mainstream politico-médiatique)... Il manque l'entretien avec une épouse polygame : tu peux nous trouver ça Abdel ? No problem...  Cette fois, Abdel, écœuré que tout ce vernis bobo ternisse l'image des "quartiers", a décidé de leur servir exactement ce qu'ils voulaient en le fabriquant lui-même : une Africaine, victime réticente de la polygamie, exploitée, un peu femme battue, en difficulté pour élever les enfants qui traînent dans la rue... Abdel le correspondant local changeant de rôle pour imiter la voix de Fatou la victime littéralement reproduite  dans  les colonnes chuintantes de compassion du grand hebdo... c'était du bidon ! La preuve est là : il s'est filmé pendant l'entretien.

Mais qui s'en offusquera si la désinformation, comme ici,  est, nous assure-t-on, au moins aussi vraie que la réalité, ou même plus  !

La video de l'émission Arrêt sur image qui a révélé la supercherie se trouve ICI
ou ICI





*liste non exhaustive de pratiques désinformatrices à compléter par une lecture des ouvrages de Vladimir Volkoff consacrés au sujet. Elle est sans cesse vérifiée par la manipulation constante de l'actualité, régulièrement illustrée pour les novices dans les journaux de réinformation de Jean-Yves Le Gallou sur l'antenne de Radio Courtoisie dont un avant-goût de l'esprit rebelle nous est donné
ICI



















 Perspectives   DÉSINTOX   Sommaire


Mesurez votre audience