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vendredi, 8 juin 2007

Prisons de la CIA : Dick Marty accuse Varsovie et Bucarest

PARIS, 8 juin (Reuters) - Le sénateur suisse Dick Marty,
rapporteur de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
sur les activités secrètes de la CIA, accuse la Roumanie et la
Pologne d'avoir permis aux services secrets américains
d'installer des centres de détention secrets sur leur sol.
 
"Il subsiste aujourd'hui suffisamment d'éléments pour
affirmer que des centres secrets de détention gérés par la CIA
ont bien existé en Europe, entre 2003 et 2005, notamment en
Pologne et en Roumanie", affirme-t-il dans un nouveau rapport
publié vendredi.
 
La Commission européenne a immédiatement réagi en demandant
aux Etats cités dans le rapport de lancer "une enquête rapide et
indépendante" sur le sujet.
 
Dans un précédent rapport présenté en juin 2006, l'ancien
procureur helvétique évoquait seulement des soupçons concernant
ces deux pays.
 
Les présidents polonais et roumain de l'époque, Alexandre
Kwasniewski et Ion Iliescu étaient au courant de ces détentions
secrètes et les ont autorisées, affirme-t-il aujourd'hui.
 
Il fonde notamment ses accusations sur des informations
recueillies auprès des services de renseignements américains et
dans les pays concernés mais reconnaît que ces sources ont
demandé "l'anonymat le plus complet".
 
La Pologne et la Roumanie ont toujours nié jusqu'ici avoir
hébergé des centres de détention par lesquels la CIA aurait fait
transiter des prisonniers, dans le cadre de sa lutte contre le
terrorisme engagée après les attentats du 11 septembre.
 
Dick Marty affirme dans son rapport que l'installation de
ces bases logistiques a été précédée d'un accord secret conclu
en octobre 2001 entre les Etats-Unis et leurs alliés de l'Otan.
 
Il critique également l'attitude des gouvernements allemand
et italien qui ont, selon lui, entravé les enquêtes sur des cas
d'enlèvement et de transfert illégaux de prisonniers au nom de
la raison d'Etat.
 
"En Italie, comme en Allemagne, indépendamment de
l'alternance des forces politiques au pouvoir, on a apparemment
choisi la même ligne de conduite : préserver à tout prix les
relations (et surtout les intérêts) avec le puissant allié en
invoquant le 'secret d'Etat' chaque fois qu'une vérité
désagréable pourrait éclater au grand jour", affirme-t-il.



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