L'Europe assassinée  esprit-europeen.fr  : revue indépendante de débat et d'intérêt général européen.

 

  

 

 

 Perspectives   DÉSINTOX   Sommaire

LONDONISTAN

 

Le nouveau complot des blouses blanches

 

Grand dérangement climatique et coup de zouzgue!

 

 

Jean-Michel Vernochet - mercredi 4 juillet 2007

George Orwell écrivit un jour: « En ce temps de duperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ». Or il suffit de parcourir les journaux - de gauche ou de droite, si on en distingue encore la différence - pour se rendre compte qu'il s'agit sans vergogne de proxénétisme médiatique. Et les télévisions ? Des lupanars qui turbinent sur le trottoir de la globalisation. Les sacro-saints journaux télévisés sont avalés, ruminés et digérés sans scrupule! La masse s'engraisse en liesse des bassesses, mensonges et vulgarités proférés par tous les mass médias. Et tout semble bien aller vers le pire ! 

Jacqueline Amidi, Beyrouth 31 mai 2007.

 

 

    En ces temps de perturbations atmosphériques chroniques, un rayon de soleil chauffe la nuée qui nous inondera (comme vache qui pisse), la minute suivante. Août est en avril et le joli mois de mai se mue en Toussaint lugubre. Pareillement, les crises se suivent avec une infernale  régularité… Crise du camp de réfugiés de Nahr el-Bared au Liban (des réfugiés à perpétuité : quarante années de confinement depuis la guerre dite des Six jours ; des exilés venus grossir les contingents de déportés de la Naqba, la « Catastrophe » de 1948) durant laquelle l’armée libanaise, beaucoup moins présente pendant la drôle de guerre unilatérale de juillet dernier, a nettoyé le ghetto de ses éléments armés du Fatah el-Islam ; une étrange milice islamiste que certains experts s’entêtent à présenter comme sponsorisée par le clan Hariri pour faire pièce au Hezbollah… Comprenne qui pourra !

 

    Crise de Gaza, autre ghetto et camp de concentration où s’entasse un million et demi d’humains dans des conditions d’une grande précarité, des conditions que dénoncent avec beaucoup de constances (et parfois même de courage) les représentants des Nations Unies et les humanitaires, avertissements et sonnettes d’alarmes qui ne trouvent que peu ou pas d’écho dans la grande presse ou en tout cas infiniment moins que celle du Darfour (priorités des priorités pour la diplomatie française cornaquée par M. Kouchener, ci-devant médecin), cette province soudanaise où des enjeux géoénergétiques (pétrole et uranium) et géostratégiques d’importance mettent aux prises les Titans de la scène internationale : Chine versus États-Unis.

 

    Gaza où les cadres du gouvernement élu du Hamas (élu avec la bénédiction de la Communauté Internationale et plus encore de l’Union européenne), las d’être l’objet d’assassinats ciblés, d’enlèvements et de tortures et de détentions arbitraires de la part des milices du Fatah, le parti présidentiel, las de voir bafouer les accords de la Mecque sur le partage des pouvoir et des compétences, ont fini par restaurer un peu d’ordre dans l’anarchie civile qui croissait de manière alarmante ces dernières semaines à la grande joie des hommes de Tel-Aviv ravis de voir s’entretuer leurs ennemis intimes.

 

    La libération hier du journaliste britannique Allan Johnston détenu par un groupe salafiste, l’Armée de l’Islam, se réclamant plus ou moins d’Al Qaïda** en témoigne ( quoique ce matin 4 juillet 2007, la grande presse rechigne à rendre justice à la vérité et à en attribuer le mérite au seul Hamas), que la paix civile, ou ce qui s’en approche le plus, est de retour à Gaza. Reste qu’une fois de plus nous assistons au festival de la mauvaise foi : si le Hamas est parvenu à mettre un terme aux affrontements fratricides opposants les factions (cela en expulsant manu militari les quasi mercenaires du Fatah, formés et payés par l’Administration états-unienne pour faire le ménage au lieu et place des F16 et des drones de combats qui arrosent régulièrement, et en toute impunité internationale cette prison à ciel ouvert qu’est aujourd’hui la bande (maudite) de Gaza), il reste l’éternel et  irrédimable coupable… Coupable et repoussoir idéal, du sur mesure, que jamais l’on ne reconnaîtra sous peine, horresco referens, de se voir reconnaître par lui*!

 

    Toutes ces crises, incompréhensibles pour le citoyen lambda qui n’a d’autres sources d’information et d’intellection que la presse « gratuite » et le « vingt heure », se succèdent maintenant comme une mauvaise houle à lames sèches tambourinant sur la coque sonore du navire, risée annonciatrice de la nuée d’orage…

 

    Et Londres, et Glasgow dans tout ça ?

 

    À Londres, une voiture piégée, mais tellement mal qu’elle ne pouvait exploser faute de détonateur pertinent, une grotesque bagnole en flammes jetée contre la façade de l’aéroport de Glasgow et quelques autres épisodes aussi rocambolesque que pataphysiques, et pour comble, cet invraisemblable complot des blouses blanches… ! Soit dit en passant le Royaume-Uni est à ce point à bout de souffle, hors de ressources, qu’il doit à présent, sans vergogne, importer ses médecins de ses anciennes colonies, cela malgré  dix ans passé sous la férule blairiste, une quasi-dictature soft prétendument d’une inoxydable efficacité libérale ? Car existe-t-il un autre qualificatif pour désigner un système qui s’est prolongé à coup de mensonges et a conduit, volens nolens, l’orgueilleuse Angleterre sur les sentiers de la guerre sans limites ? Guerres de conquêtes fondées sur le mensonge et la désinformation extensifs : Yougoslavie en 1999, Afghanistan en 2001, Irak en 2003 ; ceci en allant jusqu’à faire, très vraisemblablement, assassiner certains témoins gênants tels le Dr Lily***, expert en armes de destruction massive qui avait dénoncé le trucage éhonté du dossier irakien ! D’éternels mensonges qui sont devenus de nos jours la voie habituelle de la gouvernance dans nos démocraties libérales-avancées et dans le travaillisme sauce libérale mis à la mode par M. Blair dont a su s’inspirer notre brillant nouveau et hyperactif Président de cette « Cinquième » cacochyme !

 

    Pour les sceptiques, vite requalifiés en conspirationnistes, tout cela ne tient guère la route. Qu’on se souvienne : cet autre épisode abracadabrantesque du passager de British Airways, Richard Reed, doux débile qui en décembre 2001 projetait, paraît-il, de faire exploser l’avion où il était embarqué, avec ses semelles explosives ! Si c’est cela Al Qaïda, c’est évidemment sinistre, mais c’est aussi tout à fait grotesque et de ce point de vue, en définitive, totalement risible.

 

    Et les attentats de Londres et de Madrid me direz-vous ? Certes, d’authentiques tragédies, mais qui en sont les auteurs véritables au-delà de protagonistes trop visibles et trop vite « logés » ? En tout cas, ils n’appartiennent pas à Al Qaïda comme le répètent à l’envi les perroquets médiatiques, c’est en effet ce qu’ont établi les rapports des brigades anti-terroristes de Scotland Yard et de Madrid. Cela est sans appel !

 

    Le cas Richard Reed, à l’instar du mélange explosif qu’aurait pu réaliser, à la mi-août 2007, des islamistes candidats au martyr dans les toilettes des aéronefs américains assurant les liaisons transatlantiques (complot hypothétique déjoué avec maestria ! qui paralysa et désorganisa pour un temps le trafic aérien de la Grande-Bretagne). On sait  à l’heure actuelle, de l’avis autorisé de spécialistes, que la fabrication d’explosifs liquides est chose ardue, en tout cas laborieuse et qu’enfin les toilettes des longs courriers ne sont pas des laboratoires de chimie particulièrement propices ou confortables pour ce genre d’opération.

 

    Peut importe, le résultat atteint (et visé ?), de toute évidence, était, est d’entretenir et de renforcer un état de psychose permanent de la population britannique. Comme cela existe déjà (mais aucun « Envoyé spécial » de nos services publics télévisuels ne documente cela) aux États-Unis où le niveau d’alerte est annoncé quotidiennement en une sorte de météo morbide relatif à une « terreur » largement  fabriquée.

 

    Les populations ainsi conditionnées acceptent mieux les lois et les dispositions de contrôle social universel (Patriot Act aux É-U), les mises en fiches générales, non plus des populations potentiellement délinquantes, mais de toute la société sans exception (par exemple, passeports biométriques permettant l’identification à distance au sein d’une foule) et, pour l’anecdote, les quelque 400 000 caméras de surveillance de Londres intra muros qui ne s’intéressent sans doute que très marginalement à la délinquance   ordinaire...

 

    Exit M. Blair, bienvenu M. Brown, un clou chasse l’autre, et le monde poursuit sa course folle.Une course à l’abîme peut-être car que cache cette soudaine éruption de tentatives avortées, mais prodigieux spectacle médiatique ? Que nous concoctent les brillantes cervelles du « 10, Downing street » associées à leurs homologues washingtoniennes ? Quel coup de zouzguef imminent se prépare-t-il à l’ombre de Big Ben pour justifier un tel conditionnement de l’opinion britannique, en premier lieu, européenne et occidentale ensuite ? Quelle pilule ou quel calice d’amertume veut-on nous faire in fine ingurgiter ? En un mot quelle nouvelle crise d’envergure ou quelle nouvelle guerre, ces pseudos attentats montés en neige annoncent-ils ? La réception, danse du ventre, offerte à Vladimir Poutine dans la résidence familiale des ogres bushistes, ne vaut rien qui vaille. Quel bluff et quel marchandage auront été évoqués au cours de cette rencontre  du Troisième type ? Qui aura été sacrifié sur l’autel de la stabilité de l’hémisphère nord ? une question que nous aurions préféré ne pas poser…

 

    L’Iran est toujours « le » bon candidat à l’holocauste. Téhéran est trop souvent cité, et pas en bien ces jours-ci, pour son soutien aux résistances chiites irakiennes, pour son influence nouvelle au sein du Londonistan, ou pour le réarmement du Hezbollah libanais, voire du Hamas palestinien… La liste des reproches s’allonge tous les jours et tout cela n’est pas de bon augure !

 

    Le dérèglement climatique est aujourd’hui quelque chose de tangible. N’en déplaise aux Panglossiens qui vivront éternellement dans le meilleur des mondes capitalistiques, à notre humble avis les désordres météorologiques, désordres cosmiques s’il en est, accompagnent ou reflètent les désordres humains. De ce point de vue, l’horizon devient, hélas, couleur de plomb…

 

 

Jean-Michel Vernochet - mercredi 4 juillet 2007

 

 

 

* Cf. Le Courrier (Genève) 22 février 2006 - Entretien avec le chef du bureau politique du Hamas en exil à Damas :  «L’Occident doit accepter le dialogue »…

 

** Tout comme le Fatah al-Islam au Liban créé apparemment pour déconsidérer le Hezbollah (Parti de Dieu peut-être mais aussi parti de gouvernement), et pour justifier « le désarmement des milices » (autrement dit de toutes forces d’opposition ou de résistance armée au Liban contre les ingérences récurrentes du voisin israélien) ; un désarmement unilatéral et inconditionnel réclamé à corps et à cri au Conseil de sécurité par le parti dominant des éternels plaignants ! Dal même façon, l’armée de l’Islam et d’autres groupuscules du même acabit, semblent jouer à Gaza des rôles analogues à celui du Fatah al-Islam, ceci afin de brouiller les cartes, faciliter les amalgames et entretenir la confusion dans l’esprit du public. À ce titre et jusqu’à ce jour, quasiment aucune mention n’a été faite dans les médias sur « qui » étaient ravisseurs de journaliste de la BBC ou ceux du soldat Gilad Shalit ; cela permettant d’en imputer implicitement et tacitement la responsabilité au gouvernement légal de la Palestine, à savoir le Hamas !

 

*** En 1999, Tony Blair préside, sans l’aval du Conseil de Sécurité, à la « déclaration » du guerre (en fait les guerres modernes se présentent sans déclaration du tout) contre la Fédération yougoslave, ultime verrou de souveraineté en Europe orientale, à propos de la province serbe du Kossovo.  

Dans cette logique, il apporte en 2003un soutien inconditionnel à George Bush dans sa guerre d’agression contre l’Irak baasiste. Porte-parole de la Maison-Blanche, il est chargé au niveau européen de contrer le couple franco-germanique hostile à une guerre injustifiable. Blair apporte de l’eau au moulin de la propagande belliciste en produisant des argumentaires particulièrement grossiers (comme le mémoire de maîtrise d’un étudiant, mémoire scolaire repris aux fautes près le Secrétaire d’État Colin Powell) prétendant démontrer  en Irak la présence d’arme de destruction massive en Irak en violation de Résolutions des Nations Unies. Le Dr. David Christopher Kelly fonctionnaire du ministère de la Défense britannique, expert en guerre biologique et membre de la Commission spéciale des Nations unies (Onuscom) pour le désarmement de l’Irak  où il   s’est  rendu à 37 reprises au cours de sept années d’inspections. Kelly est retrouvé « suicidé » le 17 juillet 2003 après ses révélations à la BBC relatives aux falsifications de l’administration blairiste quant aux ADM irakiennes. Une commission parlementaire blanchira le Premier britannique dans cette sinistre affaire comme dans tant d’autres.

 

Dans son rapport final rendu public le 29 juin 2007, la Cocovinu, commission d’inspection de l’Onu, conclut : "Aucune arme de destruction massive n’a été trouvée en Irak". Avant l’invasion de l’Irak, la Cocovinu aura conduit 731 missions d’inspection sur 411 sites différents. 

Le Suédois Hans Blix, chef de la Commission des N-U, défiant les formes contraignantes de la diplomatie, n’avait pas hésité à déclarer en 2005 que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient choisi délibérément d’ignorer les rapports de la mission onusienne. On ne saurait mieux dire !   

Le rapport précise par ailleurs que "par ses informations fausses et fallacieuses, notamment dans les premières années du processus d’inspection (après la Guerre du Golfe en 1991), il était devenu pratiquement impossible pour l’Irak de fournir des preuves convaincantes qui auraient balayé les doutes ». Enfin, plus de 200 fournisseurs étrangers, entre 1970 et 1990, ont livré à l’Irak des équipements de haute technologie et des matériaux pouvant entrer dans les programmes d’armement interdits [aux pays non-membres du club des élus ou des  éligibles, faut-il le préciser]. L’ «Onu » a officieusement précisé que les rapporteurs avaient « décidé » (on ignore si c’est de façon autonome) de garder un silence pudique quant aux noms des dits fournisseurs ! Pour la petite histoire l’on sait que M. le Secrétaire à la Défense américain, M.Donald Rumsfeld, fut un habile voyageur de commerce au  cours de ces années fastes…

Perspectives   DÉSINTOX   Sommaire