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général européen.

Perspectives
ÉCLATS-1
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Éclats-7
Éclats-8
Éclats-9
13
Pour
le droit au blasphème
Monsieur Le Pen a
tort, la chambre à Gaz n'est pas un détail.
Monsieur Le Pen a profondément tort, la chambre à
gaz est tout sauf
un point de détail, c'est même aujourd'hui, plus
qu'hier encore, la
religion, le dogme autour duquel tourne toute l'époque
contemporaine.
Dans l'ordre du sacrifice fondateur, la chambre à gaz a
remplacé la croix du christ.
Pourtant, ou justement pour ça, au nom du droit à
la libre pensée
face à ceux qui croient et veulent nous obliger à
croire, je réclame le
droit, pour Jean-Marie Le Pen, de considérer la chambre
à gaz comme «
un point de détail de la seconde guerre mondiale
», comme tant d'autres
se donnent le droit de chier sur la croix.
Que ce soit celle d'hier ou d'aujourd'hui, le citoyen libre se
doit de lutter contre toutes les inquisitions et leurs
cortèges
sanglants de bûchers et d'abjurations. Nous,
européens, n'avons pas mis
trois siècles à nous émanciper du
pouvoir temporel du Pape pour en
arriver là !
Aujourd'hui, dans ce climat de judéomanie
délirante - une
judéomanie délirante et suspecte qui tient plus
de l'esprit de la
Collaboration que du combat pour le bien et l'amour des hommes - plus
les souffrances de la guerre s'éloignent, plus c'est la
seconde guerre
mondiale toute entière qui devient un détail de
la chambre à gaz !
50 millions de morts, russes, communistes, polonais, anglais,
américains, civils, résistants, japonais et
mêmes allemands et, parmi
eux, 500 mille morts Français, ce n'est presque plus rien
face à la
chambre à gaz, ou aux 28 mille enfants juifs que certains
voudraient
faire assumer pour l'éternité aux
écoliers de France innocents.
Dans ma famille de Résistants savoyards où la
guerre nous a coûté
six morts et la ruine - comme elle coûta son père
au petit Jean-Marie
-, nous avons nous aussi sauvé des vies ; seulement
c'était des
Espagnols. Il faut dire qu'en ce temps là si on sauvait des
juifs, on
ne le faisait pas pour sauver le peuple élu mais pour sauver
des êtres
humains tout court, menacés par la
méchanceté et la violence des
hommes... À l'époque, on ignorait que 60 ans plus
tard ne seraient plus
comptabilisés que les sauvés marqués
d'une étoile, et que sur le marché
des Justes, ça ne vaudrait plus rien les Espagnols !
De vous à moi, combien cette relecture de la seconde guerre
mondiale, cette réécriture
théo-différentialiste, à la limite de
l'inégalité raciale, va-t-elle encore durer ?
Combien de temps encore la Mémoire va-t-elle
empêcher l'Histoire ?
Au moment du Darfour, de la Palestine, de l'Irak, du Tibet... n'y
a-t-il pas d'autres combats à mener pour le salut des hommes
? De
massacres, de génocides, d'ethnocides à
condamner, à empêcher ?
Au moment où la montée en puissance de l'Inde et
de la Chine est
sur le point de remettre en cause le leadership de notre confortable et
dominateur monde post-méditerranéen, les
querelles intra-monothéistes
sont-elle vraiment notre priorité ?
Qui aura le courage de dire, dans cet inquiétant climat de
lynchage
pour une petite phrase réitérée dans
un obscur follicule breton, que le
problème ce n'est pas le détail de Jean-Marie Le
Pen. Une petite phrase
plus taquine que méchante qui lui a
déjà coûté 120 briques (et
à ce
prix là, on peut comprendre que le peu dispendieux Le Pen
ait envie de
l'utiliser deux fois). Une petite phrase inattaquable - dois-je le
rappeler ? - aux Etats unis d'Amérique, qui ne sont pourtant
pas le
pays de l'antisémitisme, parce que là-bas le 1er
amendement garantit à
tous, et pas seulement à Finkielkraut et ses sorties sur les
«
antillais qui filent un mauvais coton » ou «
l'équipe de France
black-black-black qui serait la risée de l'Europe
», la liberté de
pensée et d'opinion...
Qui aura le courage, à l'heure où même
ses supposés proches :
identitaires jaloux et autres apparatchiks en embuscade se
désolidarisent du vieux chef comme on se détourne
d'un pestiféré, que
le problème ce n'est pas le « détail
» mais la loi Gayssot ?
Cette loi d'exception contraire à tous les principes
démocratiques
et républicains, de l'aveu même de tous les
politiques et historiens
qui comptent, de Simone Veil à feux Vidal-Naquet...
Une loi d'exception qui, en instituant par le délit
l'Histoire
officielle, interdit toute recherche historique et l'Histoire. Dubito
ergo sum res cogitans... Nous savons pourtant bien, dans ce pays qui
vit naître Descartes, qu'en interdisant le doute, c'est la
pensée qu'on
interdit.
Loi inique, de surcroît fratricide, puisqu'en inaugurant la
concurrence des mémoires - et par la jurisprudence dont se
réclament
déjà les arméniens, les africains, les
maghrébins, en attendant les
vendéens et les gays... -, elle incite au communautarise
victimaire
généralisé, tuant la
fraternité française et son universalisme
républicain...
Trois siècles de haute philosophie, deux siècles
de sécularisation
du religieux et un siècle de séparation des
Eglises et de l'Etat pour
en arriver là ? À ce retour en douce d'une
Inquisition qui ne dit pas
son nom ? Qui criminalise la dissidence, l'insoumission, le
relativisme, le décalage, l'ironie... obligeant le rebelle
à
l'abjuration sous peine de ruine et de prison ?
Devant l'ignoble lynchage des bien pensants et les discrets
lâchages, moi le libre penseur, pour rester du
côté des opprimés et des
faibles dont le sort change avec l'Histoire, j'affirme mon soutien
à Le
Pen le relaps ; relaps comme Jeanne d'Arc et Giordano Bruno... Par
principe, au nom du droit à la liberté
jusqu'à la mal-pensance, au nom
du petit doigt d'honneur levé devant les puissants botteurs
de dèrches
et ses cohortes de lèches culs, de faux culs, j'affirme mon
soutien à
l'insoumis.
Car ma peur, ma vraie peur, ce ne sont pas les provocations ou les
lubies d'un vieil homme, mais la peur bien plus grande de voir ce pays
sombrer chaque jour plus bas dans l'obscurantisme totalitaire.
Un pays de soi-disant culture et de liberté où la
horde des
veules, faux courageux, vrais tartuffes et autres
pétaino-gaullistes
éternellement dans le sens du vent se réjouissent
déjà, à l'unisson, au
nom bien sur de la démocratie du bon et du bien, que le pays
de
Voltaire se promette de jeter demain en prison un vieux monsieur de 80
ans parce qu'il refuse de se dédire, parce que
têtu jusqu'à la
déraison, il refuse de baisser la tête et de faire
comme un chien, à
coups de pieds au cul comme eux tous, là où on
lui dit de faire...
En tant qu'intellectuel français dissident, moi, Alain
Soral, qui
ne bénéficie même pas des soutiens d'un
Soljenitsyne du temps de sa
splendeur dans le Vermont (va savoir pourquoi ça s'est
gâté depuis),
par ce simple texte, je réclame haut et fort, face aux
désapprobations
tonitruantes et aux silences gênés, le droit au
blasphème pour tous,
pas seulement pour Houellebecq ou Philippe Val de Charlie Hebdo...
Et, au nom de ce droit sacré en terre laïque,
malgré tout ce qui
nous sépare : âge, parcours, origine politique...,
je veux rendre
hommage à un grand résistant. Pas un rentier de
la Résistance à
francisque. Un résistant à cette
démocratie totalitaire qui tue la
liberté, l'esprit d'indépendance, le sens de
l'honneur et de la
fidélité. Un résistant à
cette République qui, à coup de devoir de
mémoire forcé, de repentance obligatoire et
autres criminalisations des
automobilistes et des fumeurs, transforme peu à peu l'esprit
français
en catéchisme et le peuple français en
bétail.
C'est, en somme, parce que je sais que l'affaire du détail
est tout
sauf un détail, que je réclame, pour Jean-Marie
Le Pen, le droit de se
tromper et le droit au détail !
Vive la France libre !
Alain SORAL
