Vous voulez créer une entreprise de transport routier en France en 2026. Sans attestation de capacité professionnelle, vous n'obtiendrez pas la licence de transport. Et sans licence, pas d'activité légale. Le parcours est balisé : examen national, inscription via le SIEC, date unique le 14 octobre 2026. Mais entre les types de capacité (léger, lourd, personnes, commissionnaire), les conditions d'accès et le financement, beaucoup de candidats se perdent. Voici les points qui font la différence pour réussir du premier coup.
Qui doit obligatoirement détenir la capacité de transport ?
La règle est simple : toute personne qui exploite une activité de transport public routier rémunéré doit justifier de cette capacité. Cela concerne aussi bien les marchandises que les voyageurs. Concrètement, les profils visés sont :

- le créateur d'une société de transport léger (véhicules de moins de 3,5 tonnes de PTAC)
- le dirigeant d'une entreprise de poids lourds (plus de 3,5 tonnes)
- le transporteur de personnes (taxis, VTC, autocars, bus)
- le commissionnaire de transport (qui organise des transports pour le compte de clients sans posséder les véhicules)
- le repreneur d'une entreprise de transport existante
Si le dirigeant ne possède pas lui-même l'attestation, l'entreprise peut désigner un gestionnaire de transport titulaire de la capacité. Cette personne sera alors responsable de la conformité réglementaire de l'exploitation. Dans les deux cas, l'attestation est obligatoire pour l'inscription au registre des transporteurs.
Les quatre types de capacité de transport et leurs différences
Chaque activité correspond à une catégorie spécifique. Les choisir conditionne les véhicules que vous pourrez exploiter et les marchés accessibles.
| Catégorie | Véhicules concernés | Activité typique |
|---|---|---|
| Marchandises léger | PTAC ≤ 3,5 tonnes | Livraison, messagerie, express |
| Marchandises lourd | PTAC > 3,5 tonnes | National, international, fret |
| Personnes léger | Moins de 9 places (conducteur non inclus) | Taxis, VTC |
| Personnes lourd | Plus de 9 places | Autocars, bus, transports scolaires |
| Commissionnaire | Aucun véhicule propre | Organisation de transports pour clients |
Le choix dépend du type de flotte que vous comptez exploiter. Si vous démarrez avec des camionnettes de livraison, la capacité légère suffit. Pour des semi-remorques, il faut la lourde. Notez que la capacité commissionnaire ne vous autorise pas à posséder des véhicules, mais à coordonner des prestations de transport.
Les trois voies pour obtenir l'attestation en 2026
La réglementation prévoit plusieurs moyens d'accéder à la capacité professionnelle. Tous mènent au même examen national.
1. La formation préparatoire (recommandée)
La plupart des candidats suivent une formation de 140 heures avant l'examen. Le programme couvre : droit et gestion d'entreprise, réglementation sociale du transport, gestion financière, droit commercial et fiscal, sécurité et exploitation des véhicules. La formation existe en présentiel ou à distance. Les organismes comme Digimoov ou France Formations Transport proposent des modules en ligne avec QCM et études de cas. Le prix varie selon le centre, mais il faut compter entre 1 500 et 3 000 euros selon les options (support papier, accès plateforme, correction personnalisée).
2. Le candidat libre
Vous pouvez vous présenter à l'examen sans formation préalable, si vous estimez maîtriser les matières. Cette option demande une autodiscipline importante : il faut réviser le programme officiel et s'entraîner sur les annales. Les inscriptions se font dans les mêmes conditions que les candidats formés.
3. Les équivalences par diplôme ou expérience
Certains diplômes (BTS transport, DUT, licence professionnelle en transport) dispensent de l'examen. Une expérience professionnelle d'au moins trois ans dans le secteur peut aussi ouvrir droit à une équivalence, sous réserve de justifier de compétences en gestion et réglementation. Les conditions précises sont fixées par arrêté. Il faut constituer un dossier auprès de la DREAL.
Le calendrier et les démarches pour l'examen 2026
L'épreuve écrite nationale se déroule le mercredi 14 octobre 2026, dans un centre unique à Arcueil (94) pour la métropole, et dans les DROM pour les candidats qui y résident. Les inscriptions sont ouvertes du 5 mai 2026 (12h) au 26 juin 2026 (23h59). Elles se font exclusivement en ligne via l'outil Cyclades du SIEC.

Les pièces à fournir dans le dossier numérique :
- copie du récépissé de paiement de la redevance d'inscription (30 euros), à régler avant l'inscription sur le site capapro-transport.developpement-durable.gouv.fr
- copie de la pièce d'identité
- justificatif de domicile
- document de situation militaire (pour les Français)
- certificat médical si demande d'aménagement d'épreuves
La redevance d'inscription est de 30 euros. Le règlement s'effectue en ligne avant l'inscription sur Cyclades. Conservez le récépissé PDF.
La convocation sera délivrée de façon dématérialisée dans Cyclades. En cas de problème, les candidats doivent contacter le SIEC par courriel, pas la DREAL.
Ce que l'examen évalue vraiment
L'épreuve dure 4 heures et combine QCM et exercices pratiques. Les matières sont :
- gestion d'entreprise (comptabilité, analyse financière)
- réglementation sociale du transport (temps de travail, conventions collectives)
- droit commercial et fiscal (contrats, TVA, obligations déclaratives)
- sécurité et exploitation des véhicules (chargement, poids, entretien)
Les sujets portent sur des cas concrets : calcul d'un coût de revient, vérification de conformité d'un contrat, application des temps de conduite. L'objectif n'est pas de réciter du code, mais de montrer que vous savez gérer une entreprise de transport au quotidien.
Le financement : attention au CPF en 2026
Depuis 2022, la formation à la capacité de transport n'est plus éligible au Compte Personnel de Formation (CPF). Cette situation reste inchangée en 2026. En revanche, d'autres dispositifs peuvent prendre en charge tout ou partie du coût :
- OPCO (Opérateurs de Compétences) pour les salariés et les entreprises
- AGEFICE pour les créateurs et repreneurs d'entreprise
- VIVEA pour les agriculteurs souhaitant diversifier leur activité
- les aides régionales à la création d'entreprise
Il faut monter un dossier de financement avant de s'inscrire à la formation. Les délais varient de 3 à 8 semaines selon l'organisme.
Après l'attestation : l'inscription au registre des transporteurs
Une fois l'attestation obtenue, vous devez demander votre licence de transport auprès de la DREAL de votre région. Cette licence est indispensable pour exploiter. L'inscription au registre national des transporteurs se fait via le téléservice dédié. Les pièces à fournir incluent l'attestation de capacité, un extrait Kbis, un justificatif de domiciliation et une attestation de garantie financière. Comptez environ 2 à 4 semaines de traitement après dépôt du dossier complet.
Un conseil concret pour réussir
Ne sous-estimez pas la partie gestion financière de l'examen. Beaucoup de candidats échouent sur les calculs de coût de revient et de marge. Si vous n'avez pas de base en comptabilité, la formation de 140 heures est quasi indispensable. Pour les autodidactes, entraînez-vous sur des exercices chronométrés : la gestion du temps est un facteur clé le jour de l'épreuve. Enfin, vérifiez dès maintenant votre éligibilité à un financement OPCO ou AGEFICE : les délais de traitement peuvent repousser votre inscription à la session 2027 si vous attendez septembre 2026.



